02-02-2015 11:11 -
Il y a quelques années, dans la partie de l’Afrique qui se dérobe, la révolution triompha à deux reprises un vendredi. Tout un symbole ! En Tunisie le 14 janvier 2011 et en Egypte, le 11 février presque un mois jour pour jour.Le phénomène continue de nos jours comme un véritable coup de semonce pour cette partie du monde –à la fois admirative et envieuse- qui ne voit dans les pages qui s’écrivent qu’une vague aspiration aux idéaux d’une Europe démocratique en avance sur le reste du monde.
Ignorance ! « Lorsque le philosophe juif Maïmonide a été forcé d’émigrer d’une Europe intolérante au XII ème siècle, écrit le prix Nobel d’économie 1998, l’indien Amartya Sen, il trouva refuge et tolérance dans le monde arabe, où il reçut une position d’honneur et d’influence au sein de la cour de l’empereur Saladin au Caire ».
C’est ce que explique Sen dans sa contribution exceptionnelle au rapport 2004 du PNUD sur le développement humain, « la liberté politique et la tolérance dans leur contemporaine pleine et entière ne sont un trait propre à aucun pays ou à aucune civilisation ».
Mais pourquoi maintenant et pas avant ? Si toutes les réponses à cette question sont bonnes, il y en a de moins mauvaises. L’une d’elles- exposée dans les lignes qui suivent- tire sa substance d’une réflexion sur la séparation en deux entités distinctes et antagoniques d’une entité plus insaisissable qu’il n’y parait : l’entité macro-politique.
Dans le jargon des analystes du discours politique, appelé entité macro-politique tout vocable (mot ou expression) qui permet de désigner le collectif national, la société civile ou tout collectif supranational comme l’Union Africaine – un conglomérat d’Etats souverains.
Concept bien familier, le mot « pays » est un exemple typique d’entité macro-politique. Un pays –comme n’importe quelle entité du même genre- se distingue par ses limites bien circonscrites, sa superficie, son relief, son climat, ses ressources naturelles, la richesse de son sous sol, son voisinage, sa population, les opportunités qu’il offre à celle-ci et son organisation comme ferment des modes d’organisation économique, sociale et culturelle.
Considéré comme tel, le pays évolue au rythme que lui imprime la civilisation (pluriséculaire) dont il est le creuset. Il résulte de l’emboitement de tant d’éléments, en apparence disparates, un équilibre presque immuable jusqu’au jour où la main accapareuse de l’homme fend la réalité en deux. Alors surgit du pays une autre entité macro-politique de la même taille que le pays physique, mais littéralement opposé à celui-ci par privilèges et la « bonne nourriture » dont se goinfre le petit nombre au détriment du grand.
Nous appelons sous-pays – par analogie avec l’idée de sous ensemble (oligarchique) – l’entité macro-politique singulière dont la superficie se confond avec celle du pays, mais dont les pratiques violent les lois et les coutumes du pays réel. Ce sous-pays existe partout : en Amérique, en France, au Mali, en Gambie, en Tunisie, en Egypte, en Mauritanie etc. Partout, l’effondrement du sous-pays est vital à la reconstitution et à la recomposition du pays pour toujours plus de liberté, d’égalité et de justice.
Pendant 37 ans, la puissance militaire a maintenu ce pays sous perfusion. Une junte qui attend que le peuple dise que sa nation ne sera plus la même. Dans le rapport (prémonitoire) du PNUD, le prix Nobel de la paix 2003, l’Iranienne Shirin Ebadi, écrit : « Toutes les cultures rebutent l’exploitation des êtres humains, le massacre des innocents, la violence ou la terreur, la torture, la brutalité et cruauté » Première femme à être juge en Iran, Shirin Ebadi ajoute : « La relativité culturelle ne doit jamais être utilisée comme prétexte à la violation des droits de l’homme ».
« La déclaration universelle des droits de l’homme doit être universelle, applicable à l’orient et à l’occident. Elle est compatible avec chaque confession et chaque religion » assure-t-elle.
C’est qu’en dépit « d’une grande variété de cultures, de civilisations, de langues, de traditions, etc., conclut Shirin Ebadi, les individus ont un attribut commun unique : ce sont tous des êtres humains –ni plus ni moins ». Et quand ils partagent le même pays, ils constituent l’entité macro-politique « Peuple » devenue depuis peu, la hantise de tous les autocrates aux quatre coins d’un monde encore en proie à l’arrogance du sous-monde oligarchique qui s’effondre sous nos yeux.
ADN
Source :
Rédaction Cridem
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