dimanche 11 mars 2012

Deux ans de détention préventive : Dia Amadou victime d’« une justice injuste » ?


Arrêté et mise en examen en octobre 2009 dans le cadre des accusations de malversation financière du projet Sida (SENLS), Dia Amadou Mamadou, ex-directeur administratif et financier de ce projet a été victime de deux ans et deux mois de détention préventive qu’on pourrait qualifier d’arbitraire puisque faute de preuve aucune charge n’a été retenue contre lui lors de leur procès qui s’est tenu en février 2012.

Pourquoi prive-t-on une personne de sa liberté pendant deux ans sans aucune preuve légale ? La lenteur des procédures judiciaires peut-elle « légalisée » une « illégalité » fragrante portant atteinte à l’intégrité de la personne détenue ? La victime d’une telle illégalité de droit a-t-elle le droit, en Mauritanie, d’exercer une action en justice pour obtenir des dommages et intérêts ?

La politisation de la justice en Mauritanie remet en cause son indépendance qui devait avoir comme principale mission de protéger les innocents et d’inculper les personnes reconnues légalement coupables d’une infraction quelconque (d’une simple contravention de police jusqu’au crime le plus odieux).

Si cette justice idéale existe dans d’autres pays, celle de la Mauritanie fait plus « souffrir »que protéger ses citoyens. Dia Amadou Mamadou peut en témoigner. Afin de démonter l’innocence de ce dernier dans cette affaire, faisons une rétrospective sur son parcours professionnelle :

Il a commencé à travailler à l’âge de 21 ans en tant que comptable de confiance (De 1975 à 1977) au sien d’une unité de commercialisation des produits de la SNIM. Il fut également chef de service pendant 10 ans (de 1978 à 1988) au sein du département étranger. Il a été aussi chef comptable à l’Hôtel Marhaba sous la gérance d’Air Afrique en 1988.

Fort de cette expérience professionnelle et doté d’un sens relationnel, Dia Amadou a exercé pendant 15 ans (De 1988 à 2003) en tant qu’administrateur du projet Santé Population(PSP) et Projet PASS du ministère de la santé avec un financement de 26 millions de dollars renouvelés deux fois.

A partir de décembre 2003, il occupe un poste de responsable administratif et financier tout en étant coordinateur financier du cabinet OM consulting jusqu’à mars 2009. C’est par la suite qu’il va intégrer le projet SIDA en tant DAF sans vraiment être « recruté » par ce projet.

D’ailleurs, lors du procès le directeur du projet, Ould Horma, a témoigné en sa faveur. C’est pourquoi, l’Etat mauritanien a l’obligation d’indemniser cette victime d’une injustice due à une faute personnelle d’un juge d’instruction qui, pour des raisons obscures et politiques, rejette ses demandes de liberté sans condition jusqu’au bout de 2 ans de détention préventive illégale. Cependant, on se pose la question de savoir si la responsabilité de l’Etat mauritanien n’est pas engagée pour ̎ faute lourde ̎?

Dia Hassy.

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