Revenons-en si vous le voulez bien aux avions et aux pilotes. En cherchant bien, et en examinant attentivement les photos, on trouve des détails surprenants, riches d'enseignements, qui nous indiquent que l'imbroglio de l'organisation de l'import de masses considérables de cocaïne fait appel à des pilotes chevronnés.
Je m'étonne, aujourd'hui, que les confrères "papier" n'aient pas aient pris la peine de se pencher sur ses détails, car ils nous ramènent à un autre épisode historique assez dantesque, celui de l'Arche de Zoé, où là aussi deux sortes d'avions avaient été utilisés : un petit PA-32 que l'organisation avait racheté (50 000 dollars) à un pilote, et un gros porteur loué à une entreprise espagnole.
Et il y aussi un pilote, belge, qui lui nous ramène au Sénégal, plaque tournante, décidément d'un trafic dont la Guinée-Bissau voisine est le pilier.
Je m'étonne, aujourd'hui, que les confrères "papier" n'aient pas aient pris la peine de se pencher sur ses détails, car ils nous ramènent à un autre épisode historique assez dantesque, celui de l'Arche de Zoé, où là aussi deux sortes d'avions avaient été utilisés : un petit PA-32 que l'organisation avait racheté (50 000 dollars) à un pilote, et un gros porteur loué à une entreprise espagnole.
Et il y aussi un pilote, belge, qui lui nous ramène au Sénégal, plaque tournante, décidément d'un trafic dont la Guinée-Bissau voisine est le pilier.
Commençons tout d'abord par la surprise du 14 mars dernier. Alors que je désespérais un peu de voir avancer l'enquête sur mon fameux Boeing brûlé mais que du côté US ça semble quand même bouger avec le cas Yaroshenko (il sera présenté à un juge en avril), tout à coup, celle-ci fait un bon énorme du côté français.
Une dépêche annonce en effet ceci : "interpellé dans l'après-midi du mardi 8 mars dernier, près de son domicile sis à Torokorobougou, en commune V du district de Bamako par la Sécurité d'Etat et remis à Interpol-Mali, le cerveau présumé de cette affaire de trafic international de drogue, le Français Eric Vernay, a été déféré à la prison centrale deBamako le lendemain mercredi. Mais, très tôt la " diplomatie protectrice " de son pays s'est mise en branle" ajoute l'annonce.
Une diplomatie française, car l'homme qu'on nous présente comme organisateur de l'opération malienne est bel et bien français : on comprend mieux tout de suite pourquoi la DGSE avecCamatte s'était tant intéressé à cet avion !
Et effectivement, l'emprise française sur le sujet ne faiblit pas, semble-t-il, puisque l'accusé bénéficie tout de suite du soutien de l'ambassade française : "s'exprimant lors d'un point de presse, le porte-parole du Quai D’Orsay, Bernard Valero a indiqué jeudi à Paris que "le dossier d'Eric Vernay, qui réside depuis plusieurs années au Mali, était suivi par leconsulat de France à Bamako dans le cadre de l'exercice normal de la protection consulaire ". Le contenu de cette protection consulaire ferait actuellement l'objet de discussions de haut niveau entre les autorités françaises et maliennes.
Rappelons que la compagnie Africa Air Assistance (AAA) avec laquelle M Vernay a collaboré pour débarquer le cargo incriminé et son contenu au Mali, était basée au Sénégal. Spécialisée dans la maintenance et le transport aérien, elle a été interdite d'exercice par les autorités aéroportuaires de ce pays pour cause de mauvaises prestations et d'activités illégales dont le trafic de drogue".
L'étrange ballet français aurait-il déjà repris ? Pourquoi donc autant de sollicitude là et pas auprès des pilotes d'hélicoptères emprisonnés après l'affaire de l'avion de Nouadhibou, enMauritanie ?
Une dépêche annonce en effet ceci : "interpellé dans l'après-midi du mardi 8 mars dernier, près de son domicile sis à Torokorobougou, en commune V du district de Bamako par la Sécurité d'Etat et remis à Interpol-Mali, le cerveau présumé de cette affaire de trafic international de drogue, le Français Eric Vernay, a été déféré à la prison centrale deBamako le lendemain mercredi. Mais, très tôt la " diplomatie protectrice " de son pays s'est mise en branle" ajoute l'annonce.
Une diplomatie française, car l'homme qu'on nous présente comme organisateur de l'opération malienne est bel et bien français : on comprend mieux tout de suite pourquoi la DGSE avecCamatte s'était tant intéressé à cet avion !
Et effectivement, l'emprise française sur le sujet ne faiblit pas, semble-t-il, puisque l'accusé bénéficie tout de suite du soutien de l'ambassade française : "s'exprimant lors d'un point de presse, le porte-parole du Quai D’Orsay, Bernard Valero a indiqué jeudi à Paris que "le dossier d'Eric Vernay, qui réside depuis plusieurs années au Mali, était suivi par leconsulat de France à Bamako dans le cadre de l'exercice normal de la protection consulaire ". Le contenu de cette protection consulaire ferait actuellement l'objet de discussions de haut niveau entre les autorités françaises et maliennes.
Rappelons que la compagnie Africa Air Assistance (AAA) avec laquelle M Vernay a collaboré pour débarquer le cargo incriminé et son contenu au Mali, était basée au Sénégal. Spécialisée dans la maintenance et le transport aérien, elle a été interdite d'exercice par les autorités aéroportuaires de ce pays pour cause de mauvaises prestations et d'activités illégales dont le trafic de drogue".
L'étrange ballet français aurait-il déjà repris ? Pourquoi donc autant de sollicitude là et pas auprès des pilotes d'hélicoptères emprisonnés après l'affaire de l'avion de Nouadhibou, enMauritanie ?


A l'occasion, on en profite pour en apprendre un peu plus sur la flotte de l'inculpé, qui, outre un second 727 caché au fond d'un hangar au Sénégal, entretient quatre autres appareils. Deux Cessna 208B "Caravan", un Beech 200, et un vieux coucou bimoteur acheté en France : "Ainsi,trois des cinq appareils d'AAA, notamment le J5-GTQ, le J5-GAS (visible en haut d'article) et le J5-GCU ont été frauduleusement exploités au Mali au compte de Go-Voyages-Mali en lien avec le Français Eric Vernay, sous le regard complice de l'ANAC (Agence Nationale de l'Aviation Civile).
C’est le J5-GTQ, Beechcraft appartenant à AAA et opérant au compte d'Eric Vernay en association avec Go-Voyages-Mali, qui avait irrégulièrement atterri à l'Aéroport de Bamako-Sénou le 6 Septembre 2009 avant d'être immobilisé par la Gendarmerie pour « fausse déclaration d'itinéraire ». Deux mois après la parution, il est devenu impossible de mettre la main sur le seul cliché disponible du Cessna J5-GAS : visiblement, on "nettoie" depuis le web des traces concernant l'intéressé : sur deux sites maliens, sa photo a déjà été remplacée par celle d'un noir inconnu !
Heureusement, vieux réflexe, j'avais sauvegardé la page affichant l'appareil. Pourquoi faire ainsi ? La seule raison serait de ne pas vouloir montrer la particularité de de fameux 208B : c'est une version sans fenêtres de cabine, autrement dit un avion cargo, comme ceux qu'utilisent FedEx. Autrement dit, un modèle U-27 comme en utilise aussi l'armée américaine (qui l'appelle C-16 ou U-27A) : avec ça, Vernay ne s'apprêtait pas à faire le même service de transport de passagers qu'au Mali.

Car l'intérieur du Cessna SuperCargoMaster est plutôt vaste, comme le montre cette image parlante, et il est évident que Vernay l'avait acheté dans le but de transvaser le maximum de la cargaison du Boeing dans un de ces avions. Un Cessna acheté à une société qui fait la navette vers l'île de Lanzarote, un élément des îles Canaries, dont on sait qu'elles servent aussi de relais aux cargos de la drogue ou aux avions du désert proche (avec leurs terrains en front de mer).
Vernay, pris de cours, n'avait pas fait beaucoup d'efforts artistiques sur ces appareils ; la décoration initiale de Cargo Lanzarote avait à peine été masquée, on retrouvait facilement ses mêmes volutes le long du fuselage. L'engin n'est pas vraiment donné : il s'affiche souvent d'occasion autour d'1 million de dollars qu'autre chose. Comment un petit opérateur Malien aurait-il pu en acheter deux, plus un Beechcraft 200 sans attirer l'attention des douanes, par exemple ?

Le dernier vieil avion en sa possession est un antique bimoteur de 1966, un Piper PA-30-160 Twin Comanche B, acheté à l'aérodrome de Lognes-Emerainville, situé à à peine 28 km deParis... Garé juste en face du Beech C-45G Expeditor du club. A quoi aurait-bien pu servir cet appareil, on est en droit de se le demander : de visiteur d'îles Bijagos de Guinée Bissau, sans nul doute. En tout cas, l'homme a beau faire des affaires en Afrique, il continue à faire ses emplettes en France, où personne ne l'inquiétait, visiblement, et surtout pas la DGSE...
Le 14 mars, Togosite, en fin observateur, avait pourtant repéré son manège : "Face à la méfiance développée par d'autres acteurs du milieu de l'aviation légère à l'égard des appareils immatriculés en Guinée-Bissau, le nommé Eric Vernay a fait venir, depuis plusieurs semaines, un petit avion privé de type Piper, immatriculé en France F-BUVZ. Cet avion, qui est actuellement maintenu à côté du J5-GAS au parking de l'aviation légère de l'Aéroport de Bamako-Senou, pourrait être utilisé par Eric Vernay pour les mêmes fins de trafic de drogue au vu et au su de tous les acteurs du milieu de l'aviation civile.
A cette époque déjà, en effet, la société Malienne de Vernay, C'est certainement le "Piper Comanche" cité par Daniel danq son article sur la découverte de l'épave. Aero Services Mali, a déjà été fermée, ses Cessna immatriculés en Guinée Bissau interdits de vol, il avait choisi d'utiliser en dépannage un autre appareil, vu l'imminence de l'atterrissage du Boeing.

Pour le Piper, à vrai dire, ce n'est pas l'appareil en lui-même qui a retenu nôtre attention, mais plutôt l'endroit où il a été acheté : Emerainville possède en effet une particularité étonnante : celle d'un quartier, appelé Le Clos d' Emery, ghettoïsé depuis très longtemps, qui n'a cessé de faire la une des journaux depuis des années.
En 1996, à son propos, Libération parlait de "village africain" en pleine France. Libérationnotait : "dans le lotissement, les 37 familles africaines et quelques familles chiliennes, asiatiques et maghrébines représentent 80% des habitants". Un endroit où l'on trouve, curieux hasard, de la circulation de cocaïne en provenance d'Afrique !
En 2010, même constat, avec aggravation même : "le lotissement du Clos d'Emery ne compte que 80 logements vendus en accession à la propriété entre 1985 et 1987. A lui seul, il a permis le classement du quartier du Bois-d'Emery à Emerainville, avec environ 500 logements, en ZUS par décret du 28 mai 1996.
Aujourd'hui, une trentaine de ces 80 logements sont occupés par des familles originaires d'Afrique de l'Ouest : Mali, Mauritanie et Sénégal. Le rapport d'un sociologue dans les années 1980 parle « d'une forme de ghetto » coupé du reste de la ville. Différences sociales et culturelles, polygamie, choc des modes de vie, surpopulation adolescente et surendettement accentuent la difficile intégration de ces familles". Tout le monde aura noté les pays africains cités (*) !

Pour Vernay, on ne savait pas non plus ce qu'était advenu son Piper Chieftain N202HF bleu et blanc. Un avion étrangement annoncé comme appartenant à une entreprise résidant à Lunken, dans l'Ohio ! Le siège d'Aero Services Mali était installé aux Etats-Unis, sur l'aéroport deCincinnati ! Un aéroport plutôt particulier : il n'a aucun service de sécurité !!! On peut y embarquer à la dernière minute pour se rendre à Manhattan, sans aucun contrôle, à bord d'un des deux Fairchild Dornier 328 !
Le dimanche 6 janvier 2008 encore, le Chieftain partait de St Johns, juste au Sud de St Pierre et Miquelon), pour rejoindre Santa Maria aux Açores, en traversant donc l'Atlantique.... et en effectuant ainsi 2 603 km, alors que son rayon d'action normal est de 1 875 km... un bien beau périple, pour un aussi petit avion. En réalité, dès qu'il a été repéré, Vernay a revendu ses appareils, qui étaient tous atterris chez un autre malien qui semble avoir les dents longues,Ibrahim Diawara, au cv assez croquignolet (il indique avoir « ciré des chaussures à l’âge de 12 ans pour gagner de l’argent »).
Le responsable d'Aero Malian Company, devenu Ibi Group, qui s'occupe entre autre d'ensemencement de nuages. Avec l'aide d'une société américaine, Weather Modification, Inc., installée à Fargo. A vrai dire, c'est Global Air Trans qui a récupéré les avions : c'est une compagnie aérienne qui résulte de la fusion des deux déjà citées : Aéro Services du Mali, l'ancienne société de Vernay et Malian Aéro Company d'Ibrahim Diawara.
Le Beech BE20 Beech Super King Air 200 Turboprop est bien celui de Vernay, le PA31-350 Piper Navajo Chieftain également. Sur l'un des clichés de présentation de la firme, en regardant bien à gauche du Beechchraft d'ensemencement de nuages, ou en agrandissant l'image, on découvre même (à l'adresse http://www.mac-mali.com/ et à la page "flotte", modèle TZ-MAC)... l'un des Cessna Cargo de Vernay, interdit de vol au Mali et ailleurs !
Ces deux-là sont de mèche, c'est une évidence ! Tellement que le successeur de Vernayreprend son "programme électoral", d'aide aux infrastructures en promettant lui aussi des logements sociaux à énergie solaire.... ou la création d'une entreprise de dalles de pierre ("Stones"), qui fera aussi dans le carbonate de calcium. "Nous sommes aussi fiers de dire que les carreaux du palais présidentiel de Koulouba sont fabriqués par Stones, avec des matières premières 100 % locales…" vante l'intarrissable entrepreneur.

Reste encore dans notre enquête le problème des pilotes de ce fameux Boeing : si dans la lignée américaine, c'est Yaroshenko l'un des membres d'équipage, il reste que pour le Boeing malien, qui fait donc partie d'une autre filière ou plutôt d'un autre cartel, le mystère jusqu'iic demeurait. Si l'on revient à une autre affaire, celle du Cessna Conquest 441 abandonné àNouadhibou, en Mauritanie, on se souvient que deux français, pilotes d'hélicoptères, Jean-Pierre Vivenot, et son ami et copilote Edy Pagés avaient été incarcérés (je n'ai trouvé depuis aucune nouvelle les concernant).

Seulement une image, montrant Vivenot aux côtés d'une alouette de la Gendarmerie, dont il aurait donc fait partie. C'est la famille du pilote d'hélicoptère incarcéré qui, excédée, lâche le morceau : « tout cela coûte beaucoup de temps et d’argent pour épargner des gens simples comme nous. Les avocats ne sont pas plus rassurants que la presse locale qui semble confondre avion et hélicoptère en présentant Jean-Pierre et Edy comme les pilotes de l’avion dit vénézuelien. » précise Catherine Soupeaux.
Pour le grand frère de la petite Lou, ces confusions de genre n’ont que trop duré : « Que je sache, les pilotes de cet avion chargé de poudre, qui se sont d’ailleurs volatilisés comme par miracle, sont plutôt belges". Des Belges, certes, mais quels belges (**) ?
Des belges ? Oui, et des belges connus, comme j'en avais eu très vite l'intuition dès l'épisode IX "Tilapia", dont un qui, ô surprise de taille, travaillait lui aussi... Pour Eric Vernay, ce que confirme un obscur article sur les pilotes travaillant pour l'humanitaire tendance catholique, retrouvé cet été seulement : "originaire de Vierves-sur-Viroin, François-Xavier Pinte a un parcours peu banal. Passionné d'aviation, il est, à 24 ans, pilote de brousse au Mali. Il y a 2 mois, François-Xavier pause ses valises à Bamako.
Il y rejoint Éric Vernet (sic) et sa jeune compagnie aérienne, Aéro Service Mali, comme chef pilote et directeur des opérations aériennes". Si Vernay était à bord et avait appelé la tour de contrôle de Gao, d'après ce que l'enquête a démontré, il s'était en fait remis je pense... son propre chef pilote, chargé de poser le Boeing en plein désert.
On n'imagine pas nécessairement un pilote de petit Piper passer aux commandes d'un aussi gros appareil. D'aucuns objecteront en effet qu'un pilote de Piper ne sait pas nécessairement piloter un Boeing, en effet, ce qui est exact, et bien pour cela d'ailleurs que Vernay n'était pas seul dans le cockpit.
Mais l'autre découverte sidérante de ce dossier, c'est que François-Xavier Pinte lui, savait pertinemment le faire : la preuve, la photo de ce 757 ci-dessous de chez Girjet, dont il était le pilote, photographié ici à Djmanena. Car, découverte tout aussi extraordinaire, Pinte n'était autre en effet que le second pilote de l'avion de l'affaire de l'Arche de Zoé, son collègueWillmart (parfois écrit Willemart) étant le commandant de bord.
Un Wilmart ayant effectué avant le décollage 47 rotations à bord de son Piper immatriculé pour préparer le vol du 757 !!!! Il n'avait pas été que "stagiaire" chez le "Service aérien missionnaire" (la SAM) fondé par le Père Jacques Fiévet, qui avait pris sa retrait le 19 mars 2008. Un Xavier Pinte qui avait donc rejoint Aero Service Mali en juin 2008.

Un François-Xavier Pinte libéré de l'affaire tchadienne, revenu en Belgique et étant déjà reparti dans une autre entreprise d'avions, "Aérotaxi"... au Sénégal cette fois ! Avec comme appareil deux PA32 "Cherokee Six, équipé de 5 sièges passagers.",(6V AHY et 6V-AIA) le même appareil que pilotait Wilmart pour le Children Rescue/Arche de Zoe.
Un avion N32014 somme toute assez particulier, car photographié ici le 22 juillet 2006 àTenerife Norte-Los Rodeos, avec à bord tout un dispositif d'essence supplémentaire, car venant de Reijavik, après avoir décollé de Goose Bay... bref, un appareil capable de traverser l'Atlantique Nord.... pour se faire livrer.
Livré à Olivier Moussiaux le pilote professionnel et instructeur, fondateur véritbable de la compagnie Aerotaxi Sénégal. Un "cas", lui aussi, puisqu'au départ c'est un technicien dentaire spécialisé en orthodontie, passionné d'aviation, qui avait fondé en Belgique l'European Flight Academy basée à Charleroi, un cours d'apprentissage de vol, à bord d'un Beech 77 Skipper immatriculé OO-GVE.
Installé au Sénégal, depuis décembre 2006, pour y créer sa société de taxi aérien et une école de pilotage, à Cap Skirring, station balnéaire très prisée... située au bord de la Guinée-Bissau. Il a donc réussi son rêve, le namurois. Aujourd'hui ses affaires semblent moins florissantes, ou bien il a décidé de renouveler sa flotte : il vend en effet depuis peu son Tomahawk 6V-AHZ (35 000 € ) et son Cherokee Six 6V-AIA (ancien N555QS, numéro de série 32-7440035, annoncé à 100 000 €).
Fait surprenant, le moteur du Tomahawk est quasi-neuf et les avions fraîchement repeints : "notre avion école immatriculé 6V-AHZ a reçu son nouveau moteur en septembre 2010 ainsi qu'une révision générale et une nouvelle peinture en octobre 2010" indique Facebook. En réalité, ce qui semble être ses déboires actuels ont une autre explication.

A signaler que l'appareil de l'Arche de Zoe racheté à Wilmart était aussi un PA-32 Cherokee Six, mais c'était le F-BCJJ. Aerotaxi allait connaître une "gloire" journalistique inattendue le 23 janvier dernier, avec le crash de son PA32 6V-AHY... en pleine mer, en face de la plage deM'Bour, au Sénégal (ville jumelée avec Concarneau).
A bord,un "homme d’affaires (François Boucher) et ses deux enfants", qui seront sauvés grâce à des pirogues locales. Selon son témoignage, l'avion a avait été victime d'une rupture de soupape en plein vol. Nous verrons un peu plus loin que bizarrement, cette fameuse plage deM'bour possède une autre particularité passionnante... qui n'est certes pas celle-ci, totalement déprimante également. Fort déprimante. Pauvres enfants !
Pour ce qui est de l'entreprise, difficile désormais en effet de vendre les mérites d'un "Cherokee Six (qui) est considéré comme un des avions les plus robustes et des plus fiables de sa catégorie" après le plogeon en pleine mer.
Je n'ai pas réussi à déterminer qui pilotait ce jour-là. Mais l'expérience désastreuse pour l'image de marque du plongeon semble avoir laissé une trace chez Xavier Pinte. L'avion a bel et bien... coulé, ce qui a failli tuer ses occupants. Et l'amerrissage forcé à semble-t-il eu raison de la société : "l'appareil qui est toujours dans les profondeurs des eaux de la Petite-Côte avait à son bord un homme d’affaires et ses deux enfants.
Le pilote qui accuse de négligence l’agence « Aéro-taxi », propriétaire de cet avion de six places, a en effet rendu sa démission, à la suite de cette affaire. Parce que, selon lui, l’avion a un moteur « trop vieux ». D’où l’accident qui est survenu.
Pour sa part, son passager, François Boucher, qui était à bord avec ses deux enfants, est revenu sur cette escapade familiale en avion qui a failli virer au drame. « La tour de contrôle deDakar avait demandé au pilote de ne pas survoler la côte et de voler au large de la mer. Or, c’est au ras de la plage que les petits avions ont plus de chance d’être secourus en cas de problème" raconte la presse..
"Ce jour-là, nous avions quitté Dakar vers 11 heures, mais, arrivés à hauteur de Mbour, nous avons entendu un bruit de rupture du moteur. La soupape venait de se casser. Avant que l’avion ne coule, nous avons aperçu un chalutier chinois. Mais ce dernier a continué son chemin, malgré nos appels au secours. Nous sommes restés un moment dans l’eau. On attendait alors la mort quand, fort heureusement, une pirogue de pêcheurs sénégalais est venu à notre secours », raconte François Boucher".
Des traces, car juste un peu après on retrouve notre Xavier volant à bord d'un... hydravion, un LA-4-200 immatriculé LN-AAJ. Le 7 avril 2011, pour un vol de convoyage de Rakkestad enNorvège vers Cerfontaine en Belgique (ici dans son nouveau hangar) pour le faire immatriculer. Il pourra toujours le tester sur les lacs de L'Eau d'Heure, près de Chimay, où on déguste habituellement une délicieuse spécialité locale, l'Escavèche (succulente, je la recommande !).

A partir de là, on peut aisément concevoir que la DGSE, qui avait suivi de près on l'imagine, le circuit des pilotes ayant amené au fiasco des enfants rapatriés, aient gardé un œil sur celles deFrançois Xavier Pinte, et ne pouvait donc ignorer ses préparatifs, au sein de la compagnie deVernay, qui effectuait depuis longtemps des aller-retours en Guinée Bissau, avec ses appareils immatricules sur place comme on l'a vu.
De même qu'elle ne pouvait pas ignorer la présence d'un second 727, qui n'est pas un petit avion, au fond d'un hangar d'une société sénégalaise ne possédant que trois petits monoplans. En tout logique, Vernay avait acheté deux Boeing, puisqu'après le crash supposé on évoque toujours la présence d'un 727 dans son hangar de Bamako-Sénou. A moins d'être aveugle ! Ou nos services secrets sont incompétents, ou... Ils ne faisaient que de surveiller de loin quelque chose dont ils savaient le caractère illicite, mais sans être tentés d'intervenir.
C'est bien là toute la question, et l'on revient sur ce délai imposé par les seuls français aux maliens pour aller vérifier ce qu'il restait de l'appareil incendié. Et ce d'autant plus que Xavier Pinte, en verve de confidences avait écrit un ouvrage sur les enfants de l'Arche de Zoe et son compère Wilmart.
Intitulé "Sarkozy dans l'avion" (il y était donc !) il aurait dû faire sourciller des services secrets bien amorphes sur la question ! Pinte ne se permettant pas pour autant dans son ouvrage de révéler les liens entre l'organisateur de l'opération, Eric Breteau et le pouvoir comme avait pu le faire Ngarlejy Yorongar, député tchadien plutôt virulent.
Car l'implication belge, patente, avait aussi laissé des commentaires acerbes sur les français responsables de l'opération, notamment à propos de l'implication de l'armée et du gouvernement : "l'autre but (de l'opération) était de faire un coup médiatique pour attirer l'attention de l'opinion publique sur la situation au Darfour. Les responsables de 'Children Rescue' m'ont dit qu'ils avaient le soutien de l'Elysée", a ajouté le Belge" nous dit "cdfafrique.afrikblog.com". "
L'Elysée, de son côté, a cependant catégoriquement démenti vendredi avoir elle-même ou par l'intermédiaire de Cécilia Sarkozy apporté un quelconque soutien à l'association. Les deux pilotes belges savaient que la mission était secrète et qu'elle se préparait à l'insu des autorités tchadiennes, indique encore Le Figaro." On sait en effet que les médias auront été leurrés sur l'expression "génocide au Darfour", terme poussé par des politiques, même si sur place la situation était effectivement désastreuse.
En prime, dans l'opération, ils n'en venaient pas, du Darfour : "Il semble que la plupart de ces enfants soient originaires du Tchad. Certains viennent du Darfour, mais la grande majorité sont originaires du Tchad", a affirmé la représentante de l'Unicef dans ce pays Mariam Ndiaye. "Rien ne nous permet de dire qu'ils sont orphelins", a-t-elle ajouté, jointe au téléphone à N'Djamena depuis Libreville. Elle a précisé que les "enquêtes" pour leur "identification" se poursuivaient vendredi".
Dans les échanges de courrier avec la firme espagnole Birjet, on avait relevé deux mails : "Veuillez fournir une estimation du coût du transport de 180 passagers du HCR d'Abéché(Tchad) à Marseille", pouvait-on liredans l'un des messages, envoyés en anglais, dontReuters a pu consulter une copie. "Besoin réel de votre coopération entière dans cette affaire, considérée comme un vol humanitaire pour le compte d'un groupe français dirigé et soutenu par Mme Cécilia S.", insiste un autre courriel.
"Breteau ira même jusqu'à ajouter "qu'Il était même prévu que Cécilia Sarkozy et [la ministre de la justice] Rachida Dati se déplacent en personne pour accueillir les cent trois enfants à l'aéroport de Vatry", dans la Marne, affirme le président de L'Arche de Zoé, en précisant qu'il compte réclamer "la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la gestion du dossier par les autorités françaises". On peut lire ici un bon résumé (en anglais) de la déplorable affaire.

A noter également que dans l'histoire que ce même Eric Breteau était passé par Cargo Leasing, au Luxembourg, dont la gamme d'avions comporte du russe, du vieux cargo type DC8 ou de l'Antonov 12, des bimoteurs de "brousse" type Antonov 24 et 32... pour contacter un avionneur pour avion de passagers. Faudra qu'on m'explique un jour pourquoi Breteau, lorsqu'il cherche un avion commercial muni de plus de 100 sièges, pour rapatrier ses 103 gamins kidnappés, il s'adresse d'abord à une compagnie de... cargos !
Sur le "catalogue" de l'entreprise qu'il contacte en premier, il n'y aucun avion commercial muni de sièges. Tous sont des versions cargo. Non, cette histoire sent le soufre depuis le début avec les facilités accordées à l'équipe de Breteau, ses liens avec des personnes proches du pouvoir, et l'aide logistique apportée par l'armée française à Vatry ou au Tchad même. Tout le monde n'ayant visiblement pas droit à la même sollicitude, visiblement.
Vernay "pris en charge" par l'ambassade de France, et en face les pilotes de l'hélicoptère mauritanien qui ne semblent pas avoir bénéficié de la même mansuétude : la disparité de traitement laisse songeur sur l'intérêt différentiel porté à nos concitoyens.
Des pilotes belges que l'on croise sur plusieurs affaires douteuses, des vendeurs de drogue qui s'échappent de l'étau policier, en France, à Neuilly, grâce à des complicités dans la police, des trafiquants corses qui ont comme carte de représentation celle d'un ministre des sports et de ses protégés, des truands (corses) à qui on rend un hélicoptère ayant servi à transporter de la drogue, et d'autres qu'on relâche en Mauritanie où qu'on laisse divaguer au Sénégal, une DGSE omniprésente qui s'occupe d'un cas d'otage en priorité et oublie les autres : qui protège qui, dans cet imbroglio multinational ?
(*) Le clos d' Emery et sa saga médiatique : le 12 juin 2011, le bureau du maire d’Emerainville (Seine-et-Marne) et celui de sa directrice de cabinet ont été incendiés dans la nuit de vendredi à samedi, vers 1h30 du matin. La police municipale a poursuivi un homme cagoulé qui fuyait les lieux, sans pouvoir l’arrêter. Le maire UMP, Alain Kelyor, évoque des représailles après l’émission « Enquêtes exclusives », diffusée sur M 6 le 28 mai et consacrée à la polygamie".
(**) ;sur les transports par cargo aériens ou des pilotes comme Dominique Lemaire ont été impliqués, il existe toute une littérature, dont :
http://books.sipri.org/files/PP/SIP...
http://www.un.org/News/dh/latest/an...
http://www.grip.org/bdg/pdf/g1826.pdf
http://www.senate.be/crv/GR/gr-35.html
sur Lemaire lire ceci :
http://archives.lesoir.be/mis-en-ca...
sur Rossignol et Ronald De Smet, ceci :
"Ronald Rossignol. Il s'agit d'un fanatique de l'aviation, golden boy et avocat raté des années 70 et 80, proche à l'époque des milieux de Paul Vanden Boeynants. Il a eu ses premiers ennuis judiciaires pour des faillites frauduleuses en 83. En juillet 97, une enquête a été ouverte à son encontre après l'interception, par les douanes d'Ostende, de matériel militaire destiné au Burundi.
Sa société, Occidental Aviation Services NV, souvent appelée Occidental Airlines, a été basée à l'aéroport d'Ostende de 1995 à 1999. Entre 1996 et 1999, il a également livré des armes à Kigali, au RUF sierra-léonais via la Gambie et le Liberia, aux rebelles congolais via l'Ouganda et le Rwanda, ou directement à Goma et à Kisangani, ainsi qu'à Khartoum.
Dans le cas du Soudan, l'appareil partait à vide d'Ostende, embarquait les armes enSlovaquie et les déchargeait à Khartoum. Officiellement, les armes étaient destinées auTchad et l'avion revenait en Europe avec du poisson du lac Victoria. Actuellement,Rossignol n'est pas poursuivi par la justice belge bien qu'une information judiciaire ait été ouverte à son encontre le 27 juin 2001 pour des infractions commises dans le cadre de la direction d'une société. Il aurait basé, en 2000, à l'aéroport de Gosselies, une compagnie d'aviation qu'il a fondée en Guinée équatoriale. Début 2002, il résiderait à Bratislava."
A Pointe Noire, c'est le même schéma, décrit par un journaliste Christophe Champin deRFI, reliant des libanais dont Mohammed Karroubi, et le chef d'état-major de l'armée de l'air de Guinée N-Bissau, Ibrahima Papa Camara, et Jose Américo Bubo Na Tchuto, et l'ancien chef d’état-major de la Marine, tous deux présentés comme les grands responsables du trafic de drogue... le lien entre la Guinée Bissau et le port de Pointe Noire existe, pour sûr. " Et le " gourou " de ce trafic s'appellerait Ayman Joumaa.
Lui qui selon OFAC, "a coordonné le transport, la distribution et la vente de cargaisons de plusieurs tonnes de cocaïne à partir de l'Amérique du sud et a blanchi les bénéfices de ce trafic en Europe et au Moyen-Orient " avais-je précisé.
Tout cela avec au bout la banque libano-canadienne LCB, huitième plus importante banque libanaise, installée à Beyrouth chargée de blanchir l'argent sale du trafic. Pour blanchir, c'est un réseau de vente de voitures qui avait été mis en place : "une des façons de blanchir l’argent de la drogue, a expliqué M. Levey, consistait à transférer les fonds aux États-Unis pour acheter des voitures d’occasion qui étaient ensuite revendues, avec profit, en Afrique de l’Ouest.
Stuart Levey a ajouté qu’un émissaire du Hezbollah avait été envoyé en Iran afin de mettre en contact des officiels iraniens et des cadres de la LCB". Les autres banques impliquées étantl'Hassan Ayash Exchange Company, l'Ellissa Exchange Company, et là New Line Exchange Trust Co. Toutes liées au Hezbollah ! Il n'y a pas de trafic sans blanchiment !

On a aussi ce texte original, et ses différentes "reprises" :
http://www.agoravox.fr/tribune-libr...
http://www.mampouya.com/article-con...
http://www.montraykreyol.org/spip.p...
http://www.africatime.com/guinee/no...

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