303 partages
Du 7 au 18 novembre, le Maroc accueille la grand-messe mondiale qui
devra concrétiser l'accord de Paris et mettre l'Afrique au centre de
l'échiquier climatique. Chefs d'État attendus, programme des
négociations, sujets qui fâchent : Jeune Afrique récapitule les
principaux enjeux de ce sommet.
Le rideau se lève sur la 22ème édition de la Conférence
des parties sur le climat (Cop22). À partir de ce lundi 7 novembre et
jusqu’au 18, Marrakech sera la capitale mondiale du climat. Transformée à
l’occasion en ville écolo, celle-ci n’a pas lésiné sur les moyens pour
appuyer la volonté du royaume de faire de la deuxième Cop qu’il organise
(la première a eu lieu dans la même ville en 2001) un tournant
historique.
Vélibs, parcs écologiques, hôtels labellisés vert… La ville ocre s’est métamorphosée pour cette Cop de l’action qui concrétisera les accords de Paris, entrés en vigueur symboliquement le 18 novembre, un an après leur adoption.
L’évènement aura lieu à Bab Ighli, un site de 20 hectares à
la sortie de Marrakech, complètement aménagé par le Maroc. Il comprend
une zone bleue, placée sous l’autorité de l’ONU, réservée aux
négociateurs des Nations unies et aux chefs d’État et qui devrait
accueillir 13 000 participants, et une zone verte, sous pavillon
marocain, dédiée à la société civile et aux entreprises et qui
accueillera entre 15 000 et 20 000 personnes.
Les autorités marocaines vont déployer 5 000 policiers
pour sécuriser cette Cop dont l’organisation a nécessité un budget
avoisinant les 80 millions d’euros, financé par l’État marocain, les
revenus de la location des stands ainsi que la contribution de quelques
pays et organisations internationales.
L’Afrique en force
Sur la quarantaine de chefs d’État qui ont, pour le moment, confirmé leur présence, on compte 26 présidents africains, preuve que le continent sera le maître d’oeuvre de cette Cop.
Seront présents les amis du Maroc en Afrique francophone comme Macky
Sall, Alassane Ouattara et Ibrahim Boubacar Keïta, mais aussi ceux de
l’Afrique anglophone qui se sont rapprochés du Maroc récemment (Paul
Kagame du Rwanda et John Mugufli de la Tanzanie). On annonce même la
présence de Robert Mugabé, président du Zimbabwe.
Faible participation occidentale
Côté européen, seul François Hollande,
dont le pays a organisé la précédente édition de la Cop, a répondu
présent pour le moment. Pas de confirmation officielle du côté du
président russe, Vladimir Poutine (la Russie n’a pas encore ratifié
l’accord de Paris) ou de la chancelière allemande, Angela Merkel.
Le bloc Amérique sera représenté par le
secrétaire d’État américain, John Kerry – dont le pays sera en pleine
élection présidentielle le 8 novembre- Michelle Bachelet, présidente du Chili, et le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard.
En Asie, à part les Premiers ministres du Pakistan, Nawaz Sharif, et celui du Bangladesh, Sheikh Hasina, la représentation de haut niveau est assez faible. Aucune
information officielle n’a filtré sur la présence des présidents
chinois et indien, deux gros émetteurs de gaz à effet de serre qui ont
déjà ratifié l’accord de Paris.
Dans les pays arabes, le Maroc a annoncé la présence de l’émir
du Qatar, Cheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, celui du Koweit, Jaber
al-Moubarak al-Ahmad al-Sabah, du président égyptien Abdelfattah
Al-Sissi et du président tunisien, Béji Caïd Essebssi. Manquent
encore à l’appel l’Algérie et la Mauritanie, pour des raisons qu’on peut
deviner (Sahara occidental, ndlr). Mais la liste définitive des
confirmations ne sera close qu’à la veille du sommet des chefs d’État
qui aura lieu le 15 novembre.
La semaine des négociations
La première semaine de la Cop 22 est
réservée aux négociations des Parties, ventilées en huit coalitions
partageant les mêmes préoccupations par rapport au climat. On y trouve :
- le groupe de l’Union européenne (UE) et ses 28 Etats membres,
- le groupe « Parapluie » qui regroupe neuf pays non-UE, formé après l’adoption du protocole de Kyoto,
- le G 77 + Chine,
- l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), une coalition formée de 43 pays extrêmement vulnérables face aux changements climatiques,
- le groupe des pays les moins avancés (PMA, 48 pays essentiellement en Afrique, très peu émetteurs et qui ont besoin de financement et d’accompagnement,
- le groupe Afrique (54 pays),
- le groupe de l’Intégrité environnementale, formé en 2000, et qui regroupe les pays qui n’adhéraient pas au Groupe « Parapluie »,
- le groupe arabe qui comprend 21 pays dont l’Arabie Saoudite, l’Irak, le Koweït et le Qatar.
Les sujets qui fâchent
La deuxième semaine de la Cop 22 sera la
plus décisive puisqu’elle doit marquer l’adoption des actions
négociées par les délégations. Le 15 novembre, les chefs d’État invités
tiendront leur sommet mondial et le lendemain, les présidents africains
se réuniront en conclave sur invitation de Mohammed VI afin de se concerter sur les décisions engageant un continent très vulnérable. Cette réunion aura lieu au Palais des Congrès à Marrakech.
Les sujets qui fâchent et pour lesquels
les pays africains attendent des actions sont la facilitation de l’accès
des projets africains aux financements prévus par l’accord de Paris, la
réparation des dégâts occasionnés par le changement climatique, la
problématique de l’électrification du continent et le transfert de
technologies.
Liste des présidents africains dont la présence est confirmée :
Le président de la République de Guinée, Alpha Condé, le président du Sénégal, Macky Sall, le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, le président de la République de Gambie, Yahya Jammeh, le président de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, le président du Burkina Faso, Roch Marc Kaboré, le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, le président de la République fédérale du Nigeria, Muhammadu Buhari, le président de la République de Sierra Leone, Ernest Bai Koroma, le président de la République de Zambie, Edgar Lungu, le président de la République du Tchad, Idriss Déby, le président de la République du Bénin, Patrice Talon, le président de la République de Guinée-Bissau, José Mário Vaz, le président de la République gabonaise, Ali Bongo Ondimba, le président de la République de Djibouti, Mahamadou Issoufou, le président du Niger, Ismail Omar Guelleh, le président de la République démocratique de Sao Tomé-et-Principe, Evaristo Carvalho, le président de l’Union des Comores, Azali Assoumani, le président de la République du Botswana, Seretse Ian Khama, le Roi du Lesotho, Letsie III, le président de la République du Rwanda, Paul Kagame, la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, le président de la Tanzanie, John Magufuli, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, le président tunisien Béji Caïd Essebsi et le chef de l’exécutif libyen, Fayez el-Sarraj.
Nadia Lamlili
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire