mardi 24 novembre 2015

24-11-2015 13:51 - Enquête/ Paiement des fonctionnaires réfugiés, ou la triche et l’irrégularité en plein nez


Enquête/ Paiement des fonctionnaires réfugiés, ou la triche et l’irrégularité en plein nez Cette enquête de Cridem, fait resurgir la lancinante mais pertinente question de la gestion transparente de nos affaires publiques. Le cas des réfugiés fonctionnaires de l’Etat, ballottés entre le trésor, le budget et la fonction publique, l’a justifié. Zoom sur les dessous d’un rétropédalage drivé par ces trois institutions.

C’est à croire que les trois institutions citées plus haut, prendraient les agents de l’Etat victimes des événements de 89,90,91, pour des demeurés ? Avant la fête de l’Aïd El Kébir, l’Etat à travers le Ministère des Finances a dégagé la somme nécessaire pour l’indemnisation de certains fonctionnaires dont la liste avait été étayée par la Direction de fonction publique.

Un dégagement budgétaire qui a connu un début d’exécution au profit des ayants droits pour se voir aussitôt arrêté. Selon des sources proches du budget, c’est la fonction publique qui aurait demandé l’arrêt des payements, car un agent « réintégré dans la fonction publique et dont le nom figurait sur la liste », serait repassé à la caisse pour prendre son dû.

L’administration, surtout financière doit être transparente. Cette personne qui travaille encore dans la fonction publique est bien identifiable et son seul cas ne devait en rien entraver une procédure déjà entamée.

A son endroit, on peut procéder à des retenus de salaires ou lui intimer l’ordre de rembourser, c’est une mesure aussi élémentaire en administration, mais cela ne devait en rien arrêter un décaissement budgétaire fait dans les règle de l’art. On a préféré plutôt couper la poire en deux d’un disponible financier.

Mais au juste à quelle fin ? Notre interpellation se fonde sur un discours jusqu’ici tenu à des fonctionnaires (dont les promotionnaires sont en exercice) et qui ne repose sur aucune règle de transparence, parce qu’il y a triche et mal donne.

En matière de finances, la Mauritanie qui s’inspire toujours des textes français en la matière, n’est pas cette fois-ci allée au-delà de ses intentions louables. On veut encore « dribler » des gens, enfoncer encore et encore le couteau dans la plaie. Qu’on ne vienne pas leur dire qu ils sont en fin d’exercice budgétaire, pour de l’argent déjà décaissé ?

Le principe des engagements pris qui est un gage de transparence est surtout une garantie peut-être primaire mais symbolique du respect de l’Etat de droit.

Ce qui légitime nos interrogations, c’est la part belle que l’on vient de donner à la grande muette pour ses travaux dans l’acquisition d’eau dans un bled du Tagant à hauteur de plus de 300 millions d’ouguiyas, dans la rubrique des « demandes de règlements immédiats », qui n’est qu’une autre facette de la comptabilité financière, comme le fait de dégager un montant X pour anticiper sur la fermeture d’un budget. On a bouclé l’année avec une provision bétonnée, rien que pour l’armée.

Mais, un gouvernement qui conspire à discréditer les engagements qu’il prend en conseil des ministres, donne par la même occasion, la preuve qu’il n’a pas de respect pour les institutions nationales qu’il est sensé incarner.

La problématique de la visibilité dans la gestion et le fonctionnement de nos institutions publiques citées plus haut continue de se poser avec acuité et la crédibilité de l’Etat en reçoit un sacré coup.

La transparence, la probité morale et l’honnêteté, dans ces institutions publiques est fondamentale dans le sens où ce sont elles qui assurent la continuité des services essentiels à la vie, au développement et à la stabilité du pays. Mais que vaut une armée si elle n’est pas le reflet de la composante d’une nation, c’est-à-dire de son peuple ?

L’opacité qui gravite autour du dossier des réfugiés, ne participe pas à l’orientation et à la mise en œuvre des décisions du pouvoir à des activités importantes du pays. Le cas du décaissement budgétaire, à peine entamé pour se voir arrêter, sent l’irrégularité en plein nez, et demeure une question centrale qui interpelle tout le monde à cause des attitudes et des comportements qui heurtent le bon sens et la rectitude.

ADN

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