mercredi 21 octobre 2015

21-10-2015 08:29 - La Police Scientifique : Douée de la Science des Sciences


La Police Scientifique : Douée de la Science des Sciences Abou Cissé - Entretien avec l’Adjudant Sow Ousmane, l’adjoint de l’Inspecteur Kénémé Amadou, Chef de Service de la Police Scientifique, un homme de haute connaissance dans ce domaine, une fois Commissaire de l’anti-drogue. Dans un échange que nous a accordé l’Adjudant Sow, il revient sur l’utilité de la Police Scientifique dans les enquêtes judiciaires et les différentes causes pouvant être interpellées comme des crimes.

Il parle de l’expérience de son chef, l’Inspecteur Kénémé et de leur élément, le brigadier-chef, Dabo. Selon Sow, la Justice de l’Empire Islamique des Sables dispose dorénavant d’un outil pas totalement nouveau, mais plus performant et efficace, c’est la médecine légale. Il déclare qu’au cours des dernières années, la justice était confrontée à des cas de morts inexpliquées, les cadavres ne présentant aucune lésion ou blessures pouvant expliquer la cause de la mort.

Aujourd’hui, l’Empire Islamique des Sables (Mauritanie) dispose selon lui, de deux médecins-légistes, Dr. MHahem et Dr. Limam, influents et professionnels dans ce domaine. Pour Sow, les circonstances de la mort apparaissent souvent normales et ne soulèvent aucune suspicion. S’agissant de la mort violente, il souligne que le résultat d’une action violente est en général provoqué par l’intervention d’un agent extérieur (physique ou toxique) dont l’origine peut être accidentelle, criminelle ou intentionnelle.

Selon lui, la recherche des causes de la mort est la base de la démarche médico-légale. Le but est de vérifier s’il existe une relation directe entre l’acte violent et la mort pour apporter un maximum de renseignements médico-légaux pouvant permettre de qualifier l’acte.

Dans certains cas, dira-t-il en substance, il s’agit de dégager la responsabilité qui a pu conduire à l’accident mortel. Face à une mort suspecte ou inexpliquée, Sow trouve que la réflexion est double. Il faut d’abord déterminer la cause exacte de la mort, puis établir si cette cause est naturelle ou non. Dans la première hypothèse, l’intérêt est d’ordre purement scientifique ou épidémiologique, alors que dans la seconde hypothèse, l’intérêt est d’ordre public.

Il s’agit dans les deux cas de traiter les situations avec la plus grande rigueur car les morts sans lésions de violence apparente peuvent en réalité être d’origine criminelle, d’où l’appel à l’autopsie médico-légale. L’autopsie judiciaire servant quant à elle, à élucider toute la panoplie des morts que sont :

Les blessures mortelles par un objet contondant, blessures ou contusions provoquées par un coup, un choc ou une chute

Les plaies mortelles par armes à feu avec examen de la trajectoire du ou des projectiles dans le corps

Les plaies mortelles par arme blanche, provoqués par des instruments tranchants, piquants ou ayant les deux caractéristiques. Il explique alors les différentes causes de morts qui sont :

Mort par précipitation ou défénestration, c’est la chute volontaire ou involontaire à partir d’une certaine hauteur

Mort par électrocution, quand la mort est provoquée par un passage du courant électrique dans le corps

Mort par brûlure, lésions produites par différents agents physiques ou chimiques, par la chaleur (incendie), substance caustique ou radioactive

Mort par explosion : une explosion quelle que soi sa cause est susceptible d’entraîner la mort par trois mécanismes, souvent associés, l’effet de la chaleur, l’influence du souffle, et le rôle mécanique des projectiles dispersés par l’explosion

Mort par asphyxie mécanique : c’est l’ensemble des causes qui obstruent les voies aériennes bloquant la respiration. Il s’agit de :

Mort par strangulation au lien : compression plus ou moins forte susceptible d’entraîner la mort par asphyxie mécanique (à l’aide d’un objet), par l’interruption de la circulation cérébrale

Mort par strangulation à la main : compression des voies aériennes au niveau du cou par la ou les mains d’un agresseur

Mort par pendaison : dans la pendaison, le corps est suspendu à un lien passé autour du cou. La pendaison est dite complète quand le corps ne prend aucun appui, ou incomplète dans le cas des suicides. La pendaison peut être utilisée pour camoufler un meurtre, on parlera alors de «suspension de cadavre»

Mort par noyade, c’est la submersion du corps consécutive à l’irruption de l’eau dans le conduit aérisé, ce qui provoque une asphyxie mécanique véritable

Mort par empoisonnement : absorption ou administration d’un poison, c’est-à-dire une substance capable d’altérer prudemment ou d’interrompre les fonctions vitales de l’organisme

Mort par intoxication à l’alcool, alcool éthylique ou l’éthanol, introduit dans l’organisme à forte dose, il est susceptible de provoquer la mort en agissant directement sur le système nerveux central

Mort par intoxication aiguë à l’oxyde de carbone : l’oxyde de carbone est un gaz qui par affinité, se fixe sur l’hémoglobine ; il prend la place de l’oxygène, ce qui entraîne une asphyxie au niveau des termes

Mort par toxicomanie : utilisation d’une forte dose «over dose » ou «brown sugar » ou utilisation de substance déviée de leur usage habituel

S’agissant de l’infanticide, l’Adjudant Sow déclare qu’il faut d’abord se demander si l’enfant avait vécu avant de mourir ou s’il s’agit d’un mort-né, combien de temps a-t-il vécu, quelle est la cause de la mort ? Affaire à suivre.

Abou Cissé



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Source : Abou Cissé

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