dimanche 1 février 2015

Qui se moque du peuple mauritanien ?

01-02-2015 07:45 -

Qui se moque du peuple mauritanien ?
Bourdelly - Une affaire qui a fait le buzz pendant de longs mois car évoquée par tout le monde, sites internet, réseaux sociaux, le parlement, la presse, simples citoyens, des partis politiques, la société civile, des membres du gouvernement, etc.

A notre tour, en tant que citoyens conscients de notre devoir envers la patrie, nous avons voulu tirer des leçons de toutes ces analyses : Il y a une chose qui incombe l’Etat mauritanien, une les élites intellectuelles, économiques et politiques, une autre incombe la presse et le peuple mauritanien.

Concernant l’Etat, le pouvoir en place et le président mauritanien qui brandit le slogan de lutte contre la gabegie depuis son accession au poste suprême du pays en 2OO8, se sont mirés dans un silence assourdissant à l’heure où un citoyen se met devant tous les mauritaniens et affirme consciemment qu’il détenait, lui seul, légalement 48% des recettes de la DSPCM. 

A cet instant, l’opinion publique nationale a pris connaissance des lois organisant la répartition des recettes de la DSPCM. L’un des arrêtés portant code des pêches maritimes a été publié en 1996 signé par l’ancien Premier ministre cheikh el Avia ould Med khouna, un autre en 2009. L’arrêté de 1996 répartissait les recettes comme il suit : 

52% budget de l’Etat, 20% Fonds de promotion de la pêche, 14% revenaient aux fonctionnaires et agents de la surveillance maritime qui arrêtaient des bateaux en contravention, 4% au fonctionnent des équipements du ministère, 10% Fond spécial pour la lutte contre la fraude et la pêche illégale.

En 2009, Moulay ould Med Laghdaf a fait un arrêté dont la répartition est la suivante : 52 % au Budget de l’Etat, 48% aux amendes de la DSPCM, 10% au Fonds de promotion à la pêche, 18% à l’intéressement des fonctionnaires et agent de constatation et de répressions des infractions au Code de Pêche illégale. Après la retraite Du sieur respecté Cheikh ould Baya, un décret Publié en déc. 2011 donnait 15% aux travailleurs et 55 % pour le budget de l’Etat et le reste est inchangé.

Cela signifie quoi ?

1. Les 48% dont a parlé ould Baya est la plus grande opération de détournement des biens qu’ait connue le peuple mauritanien et dont l’auteur se vantait publiquement sans honte ni gêne ni peur. La loi indiquait 18% pour les travailleurs et montre clairement où allaient les 30% : 20% pour le Fonds de promotion à la pêche, 10% pour la formation des travailleurs de la surveillance maritime. Donc Mr Ould Baya reconnait clairement qu’il prenait 48% des recettes alors que tous les travailleurs n’avaient droit qu’à 18% d’après la réglementation.

2 .Le pouvoir judiciaire (3em pouvoir) indépendant dans tous les Etats de droit allait sévir devant de tels propos et agissements d’un citoyen. Cela veut tout simplement dire que la justice mauritanienne est aux ordres, sous la férule de lobbys militaro-politico-affairistes.

3. Toutes les structures de contrôle comme l’IGE, la Cour des comptes, n’actionnent leurs leviers que devant des décisions politiques pour des règlements de compte politiciens, mais loin de leur mission de protection des deniers publics.

4. Toutes les institutions comme le parlement, le conseil constitutionnel, la justice, l’institution de l’opposition démocratique, la presse, ne sont que de slogans vides, de gros noms qui n’ont aucun rôle dans cet Etat Azizien.

5. Le slogan de lute contre la gabegie brandi par le PR depuis le 06 08 2008 jusqu’à aujourd’hui n’a plus d’importance mais plutôt doit faire honte aux auteurs des déclarations de lutte contre la gabegie devant le peuple .

Concernant le peuple : L’évocation de cette affaire a montré aux yeux de tous les degrés de conscience de civisme du peuple mauritanien par les réactions sur les réseaux sociaux (facebook, Twitter). Le peuple mauritanien a pris cette affaire en main quelques soient les médailles et postes que le président Aziz puisse donner à Cheikh ould Baya.

D’ailleurs, Une chose est sure, le peuple portera un jour plainte contre ce grand gabegiste et d’autres prévaricateurs à ciel ouvert. Par ailleurs, Le débat sur cette affaire au parlement a montré que des parlementaires élus par le peuple pour défendre ses intérêts et promouvoir les lois et règlements n’étaient pas à la hauteur pour poser cette affaire sauf quelques hommes : le sénateur Ould Gaddeet le député El Ghassem o Bellali. Par contre, d’autres ont aboyé vilainement pour défendre ce qui est indéfendable. Le malheur aussi que certains ministres ont défendu l’auteur de ces crimes économiques devant le parlement.

Des organes de presse ont aussi essayé de faire l’avocat du diable pour la défense du maire de Zouerate par des articles commandés, payés avec des sommes sonnantes et trébuchantes, ce qui est contraire à l’éthique, à la déontologie professionnelle et au respect du peuple mauritanien.

Pendant ce temps-là, selon des rapports économiques, les 42 % des populations de la Mauritanie vivent au-dessous du seuil de la pauvreté, l’Enseignement est en crise, 60% des populations n’ont pas de couverture sanitaire, toutes les populations rurales, selon les rapports des Nations Unies, sont menacées de famine cette année.

Alors qu’une seule personne protégée et soutenue par l’Etat prend annuellement 4milliards d’UM, tout en sachant que les budgets réunis de la Primature, du CSA, du parlement, du ministère de l’Emploi, n’atteignent pas le budget d’Ould Baya. Malgré tout, le plus grave reste que l’Etat conscient de l’ampleur de cette affaire, a répondu à tout le monde en élisant Cheikh Ould Baya Président de l’Association des maires de Mauritanie en minimisant le peuple, les maires, les lois, la notion de l’Etat, la société civile.

Par ailleurs, cela montre que l’Etat, les Institutions n’existent pas mais des hommes qui font ce qui leur semble bon en nommant et limogeant à tour de bras ceux qu’ils veulent, en pillant les biens du peuple mauritanien en toute impunité.

A bon entendeur, salut !

El Khouraichy Achrav. 


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Source : Bourdelly

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