mardi 27 janvier 2015

Dialogue : Tentative de la dernière chance ?


27-01-2015 11:11 -

Dialogue : Tentative de la dernière chance ? L'Eveil Hebdo - C’est à l’issue du Conseil des Ministres du jeudi 22 janvier courant que le porte-parole du Gouvernement, Dr. Izidbih Ould Mohamed Mahmoud, a annoncé que «le dialogue a été élaboré et qu’il est actuellement en instance d’adoption par tous les protagonistes», soulignant que la majorité ne s’oppose à aucune des clauses du projet de dialogue dont l’organisation d’élections présidentielles anticipées, «qui est une exigence de l'opposition et non de la majorité» a-t-il affirmé, qualifiant cette requête de «disque dur» des revendications de l’opposition.

Cette sortie est venue corroborer les rumeurs et les «indiscrétions» de ces derniers jours quant à une possible reprise des discussions entre pouvoir et opposition, au moment même où des élections pour le renouvellement des deux tiers du Sénat sont en cours de préparation, de manière unilatérale, souligne un cadre de l’opposition.

Une situation qui fait craindre aux observateurs politiques que ce nouveau round de dialogue ne soit, une fois de plus, qu’une simple mise en scène dont les objectifs ultimes ne se révéleront que bien plus tard.

Tous les qualificatifs auront été utilisés pour tenter de cerner les rapports, pour le moins chaotiques, entre le pouvoir et les partis de l’opposition «radicale» - «véritable», diront certains -, regroupés au sein du Forum National pour la Démocratie et l'Unité (FNDU). «Dialogue de sourds», «jeu de dupes»…
Rétablir d’abord la confiance

Quelle que soit la formule, le constat reste le même : pouvoir et opposition ne parviennent plus à se parler, la confiance étant rompue depuis belle lurette. Et tant que cette confiance ne sera pas rétablie, on aura beau utiliser tous les stratagèmes, rien n’y fera, le dialogue restera un vœu pieu.

Depuis le fameux «Accord de Dakar», qui avait permis à Mohamed Ould Abdel Aziz d’entériner le renversement de Sidi Ould Cheikh Abdallahi et de remporter l’élection présidentielle organisée dans la foulée, l’opposition, particulièrement, Ahmed Ould Daddah, voit des «coups fourrés» du pouvoir pour assoir son hégémonie.

Dans ces conditions, où les différents protagonistes se regardent en chiens de faïence, il est difficile d’espérer des résultats positifs d’un quelconque dialogue, sans l’intervention de «facilitateurs» qui joueraient les pompiers de service.

Dernièrement, quelques ambassades étrangères avaient multiplié des rencontres avec des responsables politiques du pouvoir comme de l’opposition, certains y avaient vu alors une tentative de nos alliés traditionnels de rapprocher les différentes positions. Mais, les réactions glanées ça et là depuis l’annonce du gouvernement confirment que le scepticisme est toujours de mise.

Ainsi, à en croire certaines sources, Ahmed Ould Daddah serait farouchement opposé à ce qu’on touche à la Constitution, même si l’objectif avancé est de reculer la limite d’âge, dont il serait pourtant victime en 2019, puisque fixée à 75 ans et qu’à cette date il les aura dépassé

Faire preuve de dépassement de soi

Pourtant, malgré ces tiraillements et tergiversations, chacun des protagonistes – pour des motifs différents évidemment - sait qu’il s’agit là d’une occasion à ne pas rater. Pour le Président Aziz, il est indispensable de «légitimer» le mandat en cours , par le retour sur la scène politique des partis «historiques ou «crédibles». Pour le FNDU et les partis qui le composent, il s’agira de revenir sur le jeu politique à travers de nouvelles élections législatives et municipales.

Pour tous les observateurs, les différents protagonistes ont donc intérêt à faire preuve de dépassement de soi afin de trouver un terrain d'entente afin que cette nouvelle tentative de dialogue – qui s’apparente à une tentative de dernière chance - aboutisse, mais surtout qu’une fois entamé, ce dialogue n’accouche pas d’une énième souris.

Sikhousso

source éveil hebdo



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