Entre
le 19 et le 20 janvier 2015, plusieurs Chefs d’Etat et de gouvernements
d’Afrique, mais aussi des experts d’institutions financières et des
partenaires internationaux se sont réunis à Nouakchott. Ils ont lancé
les jalons d’une lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent,
l’évasion fiscale ainsi que toutes les formes de flux financiers
illicites.
La rencontre de deux jours s’est achevée par une déclaration dite de
Nouakchott, qui vise à initier une approche globale et stratégique à
long terme. Les observateurs ont trouvé louable cette prise de
conscience des décideurs africains sur les dégâts causés par les
politiques d’opacité dans la gestion de leurs incommensurables
ressources. Ils trouvent que de telles politiques ont été jusque-là
nuisibles au développement du continent, en termes de perte dans le
domaine de l’emploi, de la croissance économique, de la lutte contre la
pauvreté et de la cohésion sociale.Cependant, les experts ont des
difficultés à définir la corruption dans une formule ramassée et
exhaustive, tant le phénomène est complexe et embrasse tous les aspects
de la vie économique, politique, sociale et culturelle des nations.
Parmi toutes les formes de corruption, petite ou grande, celle que la
Banque mondiale nomme la « corruption discrète » semble faire le plus de
ravage en Afrique, tellement il est difficile à observer et à
quantifier. C’est celle qui englobe plusieurs types de fautes
professionnelles notées parmi les enseignants, médecins, inspecteurs et
autres fonctionnaires. Elle se manifeste sous la forme de l’absentéisme,
le contournement délibéré des règlements à des fins personnelles.
D’une manière générale, la corruption est un système de prédation par un clan restreint et à des échelles énormes. C’est une captation centralisée d’une partie des richesses nationales par une oligarchie dominante. Les experts trouvent qu’une société aussi gangrénée par ce type de malversations à « col blanc » est difficile à purger.
Il y a pourtant ceux qui parlent de corruption tolérée ou admise,
lorsqu’il s’agit de ponctuer dans une économie sclérosée pour nourrir
une économie dynamique. Il y a 25 ans, vers le milieu des années 90,
l’ancien président de la Banque Mondiale, James Wolfensohn, a été
l’initiateur d’un changement véritable d’attitude vis-à-vis de la lutte
contre la corruption qu’il plaça au cœur du développement. D’où
l’ampleur des dégâts causés dans les économies africaines. Car, la
grande corruption, celle qui est pratiquée entre les Etats et les
entreprises, notamment les multinationales, semble la plus dévastatrice,
eu égard au volume important des montants qu’elle affecte.
Les experts trouvent sur ce plan que la corruption coûte cher à
l’Afrique et qu’elle explique le plus souvent le phénomène de la hausse
des prix, car il faut alimenter le circuit de la corruption nourrie par
la complicité entre les Etats et les opérateurs économiques. Cela se
traduit souvent par des projets financés mais qui ne verront jamais
jour, routes, hôpitaux, etc.
Conférence de Nouakchott sur la transparence en Afrique
Les « mauvais élèves » à l’école de la bonne moralité
Ainsi, face aux exigences de certains partenaires occidentaux plus à
cheval sur les normes, les adeptes de la corruption trouvent que les
Chinois comprennent mieux le système et s’y conforment.
En définitive, ce sont toujours les pauvres qui payent le plus chers la
facture de la corruption, avec des hôpitaux non construits ou mal
construits, sous-équipés, des routes mal ficelées, absence d’accès aux
services de base…
La pratique dans le domaine de la lutte contre la corruption, telle que
suggérée par des organismes actifs dans le domaine comme Transparency
International ou la banque mondiale, exige que l’intérêt soit porté
aussi bien sur le corrompu (en général les Etats), que les corrupteurs
(les entreprises), en sensibilisant ces dernières sur l’importance
qu’ils ont à préserver leur crédibilité et à mieux rentabiliser leur
productivité. Cette grande corruption passe souvent par les marchés
publics, faussant la saine concurrence et la bonne qualité des services
attendus.
Dans un pays à faible démographie comme la Mauritanie, avec un peu plus de 3 Millions d’habitants et 46% de pauvres, le sous-développement ne s’expliquerait ainsi que par l’ampleur de la corruption. Dans le dernier classement de Transparency International, celui de décembre 2014, la Mauritanie aurait reculé de 5 points pour pointer à la 124ème place sur 175 pays.
Dans un pays à faible démographie comme la Mauritanie, avec un peu plus de 3 Millions d’habitants et 46% de pauvres, le sous-développement ne s’expliquerait ainsi que par l’ampleur de la corruption. Dans le dernier classement de Transparency International, celui de décembre 2014, la Mauritanie aurait reculé de 5 points pour pointer à la 124ème place sur 175 pays.
Aujourd’hui, et malgré les efforts que les autorités publiques
déclarent avoir déployé pour lutter contre la corruption et la mauvaise
gestion, beaucoup d’observateurs trouvent que le mal ne fait que
s’enraciner. Plusieurs trésoreries régionales ont été defeuillées, le
secteur de la pêche serait accaparé par des lobbies sous couvert de
pouvoirs régaliens, le secteur minier, le secteur bancaire, le secteur
agricole, seraient entre autres, les plus gangrénés par la corruption.
La justice est également citée comme facteur aggravant de la corruption.
Des acteurs trouvent qu’elle est instrumentalisée et a donné libre
cours à l’impunité.
JOB
Source : L'Authentic.info
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source : www.kassataya.com

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