13-12-2014 07:45 -

L'Authentique - S’apprête à accueillir le 18 décembre courant un important sommet des Chefs d’Etat du Sahel et d’Europe pour parler sécurité, le Royaume d’Espagne vient de déclassifier plusieurs zones rouges enMauritanie, des endroits jusque-là interdits à ses ressortissants et qui leur sont désormais ouverts, avec un minimum de précautions cependant à prendre.
D’autres chancelleries occidentales s’apprêteraient à emboîter le pas aux Espagnols, persuadés finalement que la classification d’une bonne partie du pays dans la zone rouge du Sahel ne se justifiait pas.
De sources bien informées, les autorités espagnoles auraient déclassifié plusieurs zones jusque-là colorées au rouge en Mauritanie. Désormais, les voyages et les déplacements en Mauritanie, et dans de grandes zones, ne sont plus déconseillés aux ressortissants espagnols.
Cette mesure, qui dénote d’une marque de confiance du Royaume d’Espagne et qui se baserait sur un constat selon lequel la sécurité serait beaucoup plus grande en Mauritanie que dans tous les autres pays limitrophes, aurait beaucoup satisfait les autorités mauritaniennes.
Ainsi, l’axe Nouadhibou-Nouakchott-Rosso, ainsi que l’axe qui va de la Vallée du Fleuve jusqu’aux environs de Kankossa et même une grande partie de l’Adrar seraient considérés par le ministère des Affaires étrangères espagnols comme des couloirs sûrs avec cependant nécessité de prendre des précautions.
C’est dans ce cadre qu’une forte délégation ainsi qu’un important contingent de touristes espagnoles seraient attendus au Festival des villes anciennes prévu cette année à Chinguitty. Déjà en 2013, la tendance avait commencé à se lever dès cette période, avec la présence, certes faibles, de quelques Espagnols au Festival de Oualata, à l’extrême pointe orientale du pays.
il faut dire que contrairement au reste du Sahel, la Mauritanie est le pays qui a enregistré le moins d’actes terroristes et celui qui a connu le plus tardivement ce phénomène.
Attentats terroristes en Mauritanie
C’est le 4 juin 2005 que la Mauritanie connaîtra sa première attaque terroriste, àLemgheïty, avec la mort de 15 soldats et de 5 assaillants. Le 24 décembre 2007, la Mauritanie est frappée par un autre attentat terroriste avec l’assassinat de quatre touristes français près de la ville d’Aleg.
Le 6 août 2008, c’est l’attaque meurtrière de Tourine, une embuscade au Nord deZouerate qui s’était soldée par la décapitation de 12 soldats et leur guide. Le 23 juin 2009, un ressortissant américain Christoph Leguet est assassiné au Ksar, àNouakchott.
Le 4 juillet de la même année, 28 soldats sont tués dans l’attaque d’un convoi militaire dans le Nord Mali. Le 8 août 2009, un attentat-suicide vise l’ambassade de France à Nouakchott faisant un mort, le kamikaze, et blessant légèrement deux gendarmes français qui revenaient de sport.
C’est surtout à partir de 2011 que la Mauritanie, considérée jusque-là comme « pays à risque moyen » par un cabinet britannique spécialiste du terrorisme, va être classée à un niveau de « haut risque ».
Il n’atteindra jamais cependant, malgré la multiplicité des attaques, le classement des 19 pays de la catégorie « risque extrême » formé entre autres par l’Algérie, laSomalie, la Colombie, ou encore l’Irak, l’Afghanistan ou le Pakistan…
Certes la Mauritanie a connu d’autres attaques, comme l’enlèvement le 29 novembre 2009 de trois humanitaires espagnols sur la route Nouadhibou-Nouakchott, celui d’un couple d’étrangers, un Italien et une Burkinabé enlevé en décembre 2009 à quelques kilomètres de la frontière avec le Mali, ou encore la fusillade du Centre émetteur de Nouakchott en avril 2008 et en 2007 l’attaque du fourgon de transport des fonds du Port de Nouakchott, suivi peu après par l’attaque d’El Ghallawiya qui avait fait deux morts, etc.
Par la suite, les autorités mauritaniennes avaient pris des mesures énergiques pour lutter contre le terrorisme.
Ces mesures avaient commencé par la restructuration des forces armées et de sécurité, l’acquisition d’armements modernes et sophistiqués, le renforcement de la formation militaire et la création d’unités spécialisées dans la lutte contre le terrorisme, création de nouveaux Etats-majors, Air-Terre-Mer, renforcement de la flottille aérienne et formation de plusieurs officiers pilotes, renforcement des moyens de la marine nationale, amélioration considérable de la condition de vie et d’exercice des militaires et des agents de sécurité, création de points de passage sur toutes les lignes frontalières, un maillage et une plus grande surveillance du territoire national, entre autres.
C’est cette amélioration dans l’arsenal militaire mauritanien et le haut degré d’entraînement des troupes qui pousseront d’ailleurs la Mauritanie à se hasarder deux fois en territoire malien pour dénicher les combattants d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi).
Il s’agissait, selon le point de vue officiel, d’une guerre préventive de l’armée mauritanienne contre les Jihadistes d’Aqmi qu’il fallait coûte que coûte éloigner des frontières.
Ce fut la célèbre bataille de la forêt de Wagadu que l’opposition mauritanienne avait à l’époque qualifié de guerre par procuration pour aider l’armée française à récupérer son otage, Pierre Camat. Une offensive qui aurait d’ailleurs lamentablement échoué, d’où l’exécution quelques jours plus tard de l’otage.
S’en suivra une deuxième incursion en territoire malien qui se serait soldée par des bévues et le guet-apens de Hassi Sidi au cours duquel au moins un officier mauritanien et des soldats ont été tués.
Cependant depuis 2010, et l’attaque déjouée aux portes de Nouakchott, perpétrée par un commando d’Aqmi qui projetait de commettre des attentats dans la Capitale, aucune attaque terroriste n’a touché la Mauritanie.
La situation au Sahel
Déjà en 1994, la Libye avait connu son premier attentat terroriste avec la mort d’un couple d’agents allemands, alors que le Yémen, la Somalie avaient enregistré leurs premières attaques, suivis une année plus tard en 1993 par l’attentat contre le World Trade Center à New York.
Le 11 avril 2002, c’est le tour de la Tunisie d’être secouée par l’attentat de laGhriba qui fit 21 morts dont 14 Allemands. Le 16 mai 2003, c’est Casablanca(Maroc) qui sera secoué par cinq attentats-suicides par explosion qui firent 33 civils tués et 12 terroristes.
Le 13 février 2007, l’Algérie est frappée par 7 attentats simultanés en Kabylie qui feront 6 tués. Le 11 mars 2007, le Maroc est de nouveau frappé par un kamikaze qui se fera exploser dans un cybercafé de Sidi Moumen. Le 11 avril 2007, Aqmirevendique un double attentat à Alger qui visait le palais du gouvernement et le commissariat de police de Bab Ezzouar.
Des attentats qui firent 33 morts et 220 blessés. Le 7 septembre de la même année, Alger est de nouveau frappé par un attentat à Batna (22 morts), et deux jours plus tard par deux autres attentats dans les localités de Dellys et de Batna, au moins 52 mots et 147 blessés.
Le 11 décembre 2007, deux autres attentats kamikazes frappent encore Alger. Ils feront 72 morts et plus de 200 blessés. L’Algérie connaîtra également en 2008 pas moins de sept attentats meurtriers, le 2 janvier, le 29 janvier, le 13 mai, les 4-5 juin, le 8 juin, le 19 et le 20 août.
En 2009, le Mali se réveille avec l’assassinat par balles de Lama Ould Bou à son domicile à Tombouctou. L’Algérie enregistre également en cette année 2009, trois attaques terroristes meurtrières. Le 8 mars 2010, le Niger est secoué par un attentat-suicide dans la région de Tiwa, une caserne militaire, qui fera 8 morts. Le 30 juin l’Algérie est frappée de nouveau par l’attaque de Tinzaoutine, qui fera 11 gendarmes tués.
Le 28 avril 2011, le Maroc est frappé par un attentat qui fit 17 morts européens dans l’explosion d’une bombe dans un café de Marrakech. Le 27 août et le 23 octobre 2011, l’Algérie est frappée par des séries d’attentats-suicides, d’abord contre la caserne de Cherchell qui fit 18 morts puis l’assassinat de deux humanitaires espagnols ainsi qu’une Italienne. Le Niger sera par la suite frappé par plusieurs attentats et enlèvements comme les agents d’Areva. Idem pour leMali, qui continue d’être le principal foyer du terrorisme au Sahel.
Mais pendant que la Mauritanie s’apprête à recevoir le 18 décembre courant un important sommet de chefs d’Etat et de gouvernement sur la sécurité, une menace encore plus grande que celle d’Aqmi, pèse désormais sur le Sahel et le monde. C’est l’avancée dangereuse de l’Etat Islamique en Iraq et au Levant (EIIL) ouDaech qui compte dans ses rangs des milliers de Maghrébins et de Sahéliens qui n’hésiteront pas à transposer dans la région leur meurtrière idéologie, selon les spécialistes.
Cheikh Aïdara
D’autres chancelleries occidentales s’apprêteraient à emboîter le pas aux Espagnols, persuadés finalement que la classification d’une bonne partie du pays dans la zone rouge du Sahel ne se justifiait pas.
De sources bien informées, les autorités espagnoles auraient déclassifié plusieurs zones jusque-là colorées au rouge en Mauritanie. Désormais, les voyages et les déplacements en Mauritanie, et dans de grandes zones, ne sont plus déconseillés aux ressortissants espagnols.
Cette mesure, qui dénote d’une marque de confiance du Royaume d’Espagne et qui se baserait sur un constat selon lequel la sécurité serait beaucoup plus grande en Mauritanie que dans tous les autres pays limitrophes, aurait beaucoup satisfait les autorités mauritaniennes.
Ainsi, l’axe Nouadhibou-Nouakchott-Rosso, ainsi que l’axe qui va de la Vallée du Fleuve jusqu’aux environs de Kankossa et même une grande partie de l’Adrar seraient considérés par le ministère des Affaires étrangères espagnols comme des couloirs sûrs avec cependant nécessité de prendre des précautions.
C’est dans ce cadre qu’une forte délégation ainsi qu’un important contingent de touristes espagnoles seraient attendus au Festival des villes anciennes prévu cette année à Chinguitty. Déjà en 2013, la tendance avait commencé à se lever dès cette période, avec la présence, certes faibles, de quelques Espagnols au Festival de Oualata, à l’extrême pointe orientale du pays.
il faut dire que contrairement au reste du Sahel, la Mauritanie est le pays qui a enregistré le moins d’actes terroristes et celui qui a connu le plus tardivement ce phénomène.
Attentats terroristes en Mauritanie
C’est le 4 juin 2005 que la Mauritanie connaîtra sa première attaque terroriste, àLemgheïty, avec la mort de 15 soldats et de 5 assaillants. Le 24 décembre 2007, la Mauritanie est frappée par un autre attentat terroriste avec l’assassinat de quatre touristes français près de la ville d’Aleg.
Le 6 août 2008, c’est l’attaque meurtrière de Tourine, une embuscade au Nord deZouerate qui s’était soldée par la décapitation de 12 soldats et leur guide. Le 23 juin 2009, un ressortissant américain Christoph Leguet est assassiné au Ksar, àNouakchott.
Le 4 juillet de la même année, 28 soldats sont tués dans l’attaque d’un convoi militaire dans le Nord Mali. Le 8 août 2009, un attentat-suicide vise l’ambassade de France à Nouakchott faisant un mort, le kamikaze, et blessant légèrement deux gendarmes français qui revenaient de sport.
C’est surtout à partir de 2011 que la Mauritanie, considérée jusque-là comme « pays à risque moyen » par un cabinet britannique spécialiste du terrorisme, va être classée à un niveau de « haut risque ».
Il n’atteindra jamais cependant, malgré la multiplicité des attaques, le classement des 19 pays de la catégorie « risque extrême » formé entre autres par l’Algérie, laSomalie, la Colombie, ou encore l’Irak, l’Afghanistan ou le Pakistan…
Certes la Mauritanie a connu d’autres attaques, comme l’enlèvement le 29 novembre 2009 de trois humanitaires espagnols sur la route Nouadhibou-Nouakchott, celui d’un couple d’étrangers, un Italien et une Burkinabé enlevé en décembre 2009 à quelques kilomètres de la frontière avec le Mali, ou encore la fusillade du Centre émetteur de Nouakchott en avril 2008 et en 2007 l’attaque du fourgon de transport des fonds du Port de Nouakchott, suivi peu après par l’attaque d’El Ghallawiya qui avait fait deux morts, etc.
Par la suite, les autorités mauritaniennes avaient pris des mesures énergiques pour lutter contre le terrorisme.
Ces mesures avaient commencé par la restructuration des forces armées et de sécurité, l’acquisition d’armements modernes et sophistiqués, le renforcement de la formation militaire et la création d’unités spécialisées dans la lutte contre le terrorisme, création de nouveaux Etats-majors, Air-Terre-Mer, renforcement de la flottille aérienne et formation de plusieurs officiers pilotes, renforcement des moyens de la marine nationale, amélioration considérable de la condition de vie et d’exercice des militaires et des agents de sécurité, création de points de passage sur toutes les lignes frontalières, un maillage et une plus grande surveillance du territoire national, entre autres.
C’est cette amélioration dans l’arsenal militaire mauritanien et le haut degré d’entraînement des troupes qui pousseront d’ailleurs la Mauritanie à se hasarder deux fois en territoire malien pour dénicher les combattants d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi).
Il s’agissait, selon le point de vue officiel, d’une guerre préventive de l’armée mauritanienne contre les Jihadistes d’Aqmi qu’il fallait coûte que coûte éloigner des frontières.
Ce fut la célèbre bataille de la forêt de Wagadu que l’opposition mauritanienne avait à l’époque qualifié de guerre par procuration pour aider l’armée française à récupérer son otage, Pierre Camat. Une offensive qui aurait d’ailleurs lamentablement échoué, d’où l’exécution quelques jours plus tard de l’otage.
S’en suivra une deuxième incursion en territoire malien qui se serait soldée par des bévues et le guet-apens de Hassi Sidi au cours duquel au moins un officier mauritanien et des soldats ont été tués.
Cependant depuis 2010, et l’attaque déjouée aux portes de Nouakchott, perpétrée par un commando d’Aqmi qui projetait de commettre des attentats dans la Capitale, aucune attaque terroriste n’a touché la Mauritanie.
La situation au Sahel
Déjà en 1994, la Libye avait connu son premier attentat terroriste avec la mort d’un couple d’agents allemands, alors que le Yémen, la Somalie avaient enregistré leurs premières attaques, suivis une année plus tard en 1993 par l’attentat contre le World Trade Center à New York.
Le 11 avril 2002, c’est le tour de la Tunisie d’être secouée par l’attentat de laGhriba qui fit 21 morts dont 14 Allemands. Le 16 mai 2003, c’est Casablanca(Maroc) qui sera secoué par cinq attentats-suicides par explosion qui firent 33 civils tués et 12 terroristes.
Le 13 février 2007, l’Algérie est frappée par 7 attentats simultanés en Kabylie qui feront 6 tués. Le 11 mars 2007, le Maroc est de nouveau frappé par un kamikaze qui se fera exploser dans un cybercafé de Sidi Moumen. Le 11 avril 2007, Aqmirevendique un double attentat à Alger qui visait le palais du gouvernement et le commissariat de police de Bab Ezzouar.
Des attentats qui firent 33 morts et 220 blessés. Le 7 septembre de la même année, Alger est de nouveau frappé par un attentat à Batna (22 morts), et deux jours plus tard par deux autres attentats dans les localités de Dellys et de Batna, au moins 52 mots et 147 blessés.
Le 11 décembre 2007, deux autres attentats kamikazes frappent encore Alger. Ils feront 72 morts et plus de 200 blessés. L’Algérie connaîtra également en 2008 pas moins de sept attentats meurtriers, le 2 janvier, le 29 janvier, le 13 mai, les 4-5 juin, le 8 juin, le 19 et le 20 août.
En 2009, le Mali se réveille avec l’assassinat par balles de Lama Ould Bou à son domicile à Tombouctou. L’Algérie enregistre également en cette année 2009, trois attaques terroristes meurtrières. Le 8 mars 2010, le Niger est secoué par un attentat-suicide dans la région de Tiwa, une caserne militaire, qui fera 8 morts. Le 30 juin l’Algérie est frappée de nouveau par l’attaque de Tinzaoutine, qui fera 11 gendarmes tués.
Le 28 avril 2011, le Maroc est frappé par un attentat qui fit 17 morts européens dans l’explosion d’une bombe dans un café de Marrakech. Le 27 août et le 23 octobre 2011, l’Algérie est frappée par des séries d’attentats-suicides, d’abord contre la caserne de Cherchell qui fit 18 morts puis l’assassinat de deux humanitaires espagnols ainsi qu’une Italienne. Le Niger sera par la suite frappé par plusieurs attentats et enlèvements comme les agents d’Areva. Idem pour leMali, qui continue d’être le principal foyer du terrorisme au Sahel.
Mais pendant que la Mauritanie s’apprête à recevoir le 18 décembre courant un important sommet de chefs d’Etat et de gouvernement sur la sécurité, une menace encore plus grande que celle d’Aqmi, pèse désormais sur le Sahel et le monde. C’est l’avancée dangereuse de l’Etat Islamique en Iraq et au Levant (EIIL) ouDaech qui compte dans ses rangs des milliers de Maghrébins et de Sahéliens qui n’hésiteront pas à transposer dans la région leur meurtrière idéologie, selon les spécialistes.
Cheikh Aïdara
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Source : L'Authentique (Mauritanie)
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