12-12-2014 11:11 -
L'Authentique -
A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la
corruption, et à l’heure où les finances publiques font l’objet de
détournements à ciel ouvert, le président Mohamed Ould Abdel Aziz est monté au créneau. «Notre combat contre la gabegie n’est pas un slogan et nous sommes déterminés à continuer notre lutte contre ce mal » vient-il de lancer. Une conviction battue en brèche par le FNDU qui vient d’épingler Aziz et son pouvoir dans une déclaration qui fustige le «pillage systématique des richesses nationales».
Au sortir d’une visite éclair au Centre de formation et de perfectionnement professionnel (CFPP) de Nouakchott et à l’Agence Tadamoun pour la lutte contre les séquelles de l’esclavage, la pauvreté et la réinsertion des réfugiés, Mohamed Ould Abdel Aziz a de nouveau chevauché son thème favori, la lutte contre la gabegie et les «Moufsidines».
S’il semble satisfait des résultats accomplis par l’agence Tadamoun dans «l’amélioration des conditions de vie des populations» sa satisfaction semble moindre pour la formation professionnelle, car il a promis de combler «toutes les lacunes dans le but d’améliorer la formation professionnelle et répondre aux besoins du marché».
C’est dans ce cadre qu’il a exprimé son satisfecit par rapport à la lutte contre la gabegie dans le pays, rappelant ses engagements récents dans ce cadre. Il dira qu’il continuera à «lutter contre la gabegie, la corruption et le détournement des deniers publics et que les lois se rapportant à ce sujet seront appliquées sur tous avec toute la rigueur requise».
A son tour, le parti au pouvoir, l’Union Pour la République (UPR) a organisé une cérémonie commémorative de la journée internationale de lutte contre la corruption. Le président du parti, Sidi Mohamed Ould Maham rappellera à ce propos, devant les membres du Bureau exécutif et du Conseil national ainsi que les élus, que la Mauritanie avait ratifié la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la gabegie de décembre 2005 et qu’elle s’y est engagée depuis six années.
Il a cité dans ce cadre les efforts déployés dans ce sens par le président Mohamed Ould Abdel Aziz, faisant de ce dernier, «un exemple à suivre dans la sous-région, comme en témoignent les institutions internationales et les partenaires au développement».
Et Ould Maham de citer comme bilan enregistré dans le domaine de la transparence, la qualité constatée dans la conclusion des marchés publics, la transparence dans les industries extractives, attestée selon lui par le dernier rapport de l’ITIE. Les thuriféraires du pouvoir d’attester des nombreuses arrestations de responsables accusés de malversations financières, le remboursement de plusieurs centaines de millions d’UM, suite aux contrôles assidus et ininterrompus des limiers de l’Inspection générale d’Etat (IGE) et de ceux de la Cour des comptes, etc.
Mais le revers de la médaille, c’est la déclaration publiée le 9 décembre 2014 par le FNDU. Celui-ci parle de l’extraordinaire manne financière accumulée ces dernières années par la Mauritanie grâce à une exceptionnelle conjoncture économique dans les marchés mondiaux du fer, de l’or et du poisson. Cela aurait boosté les exportations du pays, qui seraient passées de 500 Millions de dollars U.S à 3 Milliards de dollars.
Et de fustiger la cécité des autorités qui multiplièrent l’ardoise de la Mauritanie en prenant des dettes à tour de bras, faisant peser le poids de la dette publique de 60% du PIB en 2008 à 80% du PIB en 2014. Et une question à la clé : «où sont passées les richesses nationales ?» Selon le FNDU, la gabegie et le pillage des ressources publiques ont atteint des niveaux jamais atteints et n’ont épargné aucun secteur, transformant l’économie nationale en prébendes illégalement attribuées à des cercles restreints de copains et de coquins.
Ainsi, la pudeur aurait déserté les nouveaux racleurs des fonds publics qui agiraient au vu et au su de tous, tel ce responsable qui «se vante, au cours d’un meeting populaire enregistré sur une bande diffusée en boucle sur tous les sites, de gagner des milliards sur le dos du peuple». Pas inquiété, il aurait même reçu les bénédictions du Chef de l’Etat et les louanges protecteurs du ministre de la Justice devant le Parlement.
Et le FNDU de citer les dizaines de marchés de gré-à-gré portant sur des milliards d’ouguiyas, la création de sociétés destinées à recycler l’argent détourné (société d’approvisionnement des bateaux en haute mer, société du sucre, société pour les aménagements agricoles, société des poteaux électriques, société de transport public, etc.)
Et de citer également "la création de dizaines d’entreprises publiques sans objectifs autres que de caser des proches ou des laudateurs du régime, la création de villes fantômes, le retard dans la finalisation de beaucoup de projets, les institutions de contrôle détournées de leur mission et transformées en armes pour des règlements de compte personnels, l’assujettissement de la justice". Tout cela serait attesté, selon le FNDU, par l’absence du moindre condamné "pour détournement dans les prisons» ni du moindre dossier pendant devant les tribunaux mauritaniens à ce sujet".
JOB
Les
articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s)
et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité
Source :
L'Authentique (Mauritanie)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire