
L’ex Ambassadeur et leader au sein du RFD, également l’un des fondateurs du mouvement El Hor de lutte contre l’esclavage en Mauritanie Bilal Ould Werzeg a indiqué dans un entretien accordé au tabloïd « atlanticmedia »que son parti, dans lequel il occupe la fonction de conseiller politique du président, n’est pas convaincu de la participation aux futures élections législatives et municipales sous la houlette de l’actuel gouvernement, affirmant qu’au sein duRFD, ils ne sont pas concernés par les décisions de la Ceni.
Ould Werzeg a abordé également dans cet entretien le dossier de l’esclavage, les discrétions de création El Hor ainsi que ses principes de lutte, précisant que ce mouvement n’a jamais dissocié entre « Elbithane » et « lihratin », mais considère que ces derniers sont une partie indivisible des premiers, revendiquant la justice sociale et appelant à l’égalité entière entre tous les citoyens.
Ould Werzeg a abordé aussi l’agence Tadamoun de lutte contre les séquelles de l’esclavage, le conflit au Mali, ses répercussions dans la sous-région, appelant l’élite politique à l’unisson et à l’entraide pour relever les défis qui planent sur le pays. Ci-après l’intégralité de cette interview :
Question : Des nouvelles figures commencent à resurgir pour porter le flambeau de l’esclavage. En votre qualité d’un des fondateurs d’El Hor, ne trouvez-vous pas cela un dépassement de votre long combat ?
Bilal Ould Werzeg : Merci et bonne chance pour ce nouveau journal, qui, j’espère sera un pan fort dans le renforcement du secteur médiatique mauritanien. J’en suis convaincu du fait de l’existence d’un staff remarquable dans le nouveau tabloïd qui veillera à cette fin. A propos de la question de ‘lihratins », je suis l’un des fondateur du mouvement en 1974 dont la création a été précédée une année auparavant par la satisfaction du gouvernement d’El Marhoum Me Moctar Ould Daddah de plusieurs doléances des kadihines à l’instar de la création de la monnaie nationale, la nationalisation de Miferma et l’arabisation de l’administration.
Mais, quand on avait constaté à l’époque l’inertie de la question de l’esclavage, moi et certains de mes collègues avons décidé de créer un mouvement soulevant de manière pertinente la question de l’esclavage, sans verser dans les actions racistes et isolées de la société mauritanienne avec comme unique objectif la concrétisation de la justice sociale entre toutes les composantes d’un seul et même peuple.
Bien que le mouvement El Hor est né le 5 mars 1974, il n’est apparu sur la scène politique qu’en 1978, puisque nous avons passé plusieurs années à la quête compétences au sein des cadres hratins, en vue de créer un bureau pour cette organisation. Je me souviens avoir choisi et intégrer plusieurs cadres hratins dans le mouvement, qui étaient par la suite parmi les plus réputés de ses leaders.
Quand le premier bureau a été installé, nous n’avons jamais rencontré des obstacles à notre parcours de la part du Président feu Moctar Ould Daddah, puisqu’il avait une volonté sincère de mettre fin au dossier de l’esclavage en Mauritanie avec la promulgation de décrets multiples allant dans ce sens.
Moctar « rahimehou Allah » récitait le Coran et s’opposait donc aux appels à la pérennisation des pratiques esclavagistes et rejetait totalement toutes les fausses interprétations de notre Sainte Religion.
C’est pour cette raison que la première confrontation entre le gouvernement mauritanien et le mouvement El Hor a eu lieu après le coup d’Etat du 10 juillet 1978 sur Moctar, quand le président Moustapha Ould Mohamed Saleck « rahimehou Allah » a abrogé les décrets et que le gouvernement a décidé de renommer les wilayas du pays, faisant croire certains au retour du pays au pré-carré après le renversement du pouvoir de Ould Daddah, lequel était progressiste.
C’est dans ce contexte nouveau que certains ont commencé à reprendre leurs « abid » (esclaves), convaincus que l’actuel régime encourage cela. Mais en novembre 1978, le conseil militaire au pouvoir à l’époque, a promulgué le premier discours sur l’esclavage à travers une déclaration faite par Jiddou Ould Saleck « rahimehou Allah », dans lequel il précisé que « le comité militaire est contre l’esclavage ». C’est ainsi que le mouvement El Hor a commencé à s’élargir et émerger avec un profil manifeste et présent sur la scène politique.
L’accession au pouvoir du président Mohamed Khouna Ould Haidalla a consacré l’arrestation d’activistes dont des militants des mouvements El Hor, bathistes et naceriste. J’étais à l’époque à Abidjan, capitale de la Cote d’Ivoire dans le cadre de ma mission diplomatique. Plusieurs rumeurs avaient été lancées pour nuire au mouvement, d’où l’obligation qui m’incombait pour démentir ces chahuts, dés lors où je suis le cerveau de la charte nt El Hor et que je connais le mouvement plus que quiconque.
J’ai commencé immédiatement à présenter le mouvement ainsi que ses nobles objectifs, rappelant qu’il vise à créer une justice sociale au sein de la communauté bidhane formée de hassan, zouaye, hratin, em-almin (forgerons) et aznaga. Un discours qui n’a pas plu à l’époque au ministère des affaires étrangères et de la coopération d’où ma décision de démissionner, de voyager en France puis à Dakar. Au cours de cette période, j’ai participé à l’action politique avec des pionniers du mouvement AMD tels que Mohamed Abderrahmane Ould Moine, Ismail Ould Maouloud, Moustapha Ould Abeiderrahmane…
Je suis demeuré ainsi à Dakar, jusqu’à cette déclaration courage prise par Ould Haidalla le 5 juillet 1980 portant sur l’abolition de l’esclavage. J’ai organisé le 7 juillet 1980 une conférence de presse à Dakar pour saluer cette décision et pour annoncer mon intention de rentrer au pays à condition que la mesure soit accompagnée de réformes foncières. Je suis rentrée effectiement à Nouakchott à la fin de l’année 1980- bien que certains pensaient que le président Ould Haidalla allait m’exécuter à l’aéroport. J’ai été accueilli par un public hratin nombreux ainsi que par Deddahi Ould Abdallahi de la sureté nationale.
J’ai fait environ trois mois dans les murs de l’instruction, mais finalement le gouvernement a pris conscience de mon combat et réhabilité dans ma fonction au ministère des affaires étrangères. Ceci dit, force est de reconnaitre que beaucoup de ceux qui parlent aujourd’hui de la question des lihratin ne savent pas comment s’exprimer sur le dossier. Nous au sein du mouvement El Hor n’avons jamais dissocié entre elbidhanes et lihratin, mais considérons que ces derniers sont une partie indivisible des premiers, revendiquant la justice sociale et appelant à l’égalité entière entre tous les citoyens. Nous refusons également les interprétations erronées de la Religion.
L’Islam n’a point légitimé l’esclavage, mais au contraire, il est venu pour libérer les abid et l’humanité entière. La communauté de lihratin est parfaitement consciente de la sira nebeoui (vie du Prophète PSL), puisqu’ils se sont distingués par El Medh du Meilleur habitant de la Terre et récitent sa vie. Pour ma part, j’encourage tout individu ou mouvement, quelque soit-elle, brandissant les revendications de la justice sociale, mais, après l’éradication dans notre pays du concept de l’asservissement des personnes, il est de notre devoir aujourd’hui en tant qu’élite issue de lihratin d’œuvrer aux côtés des autres élites de la société à éradiquer l’ignorance chez la frange des anciens esclaves, ainsi qu’à la mettre dans des conditions économiques propices leur garantissant une vie digne.
C’est cela qui résume les besoins de cette frange. Mais rester constamment otage du cycle de la crise, avec la répétition du même discours, la dénonciation de l’existence de cas d’esclavage ici et là, cela ne servira ni à avancer ni à reculer, ne sera d’aucune utilité pour lihratin, mais pourra au contraire, contribuer à priver certains d’un travail qui leur permettait d’assurer leur pain quotidien ainsi que celui de leur famille sans alternative.
Par ailleurs, chercher la célébrité en chevauchant le cavalier de l’esclavage n’est pas un but principal, puisque la priorité pour cette frange est de créer une infrastructure pédagogique et éducative ainsi que des projets de développement ciblant cette frange qui vit sous les feux de la pauvreté, de l’ignorance et du retard.
J’ai été profondément ému par les cantines communautaires ouvertes par l’ancien commissaire aux droits de l’homme dans de nombreux villages « adwaba » sis dans l’espace rassemblant les villages de Burat. La cause de l’ignorance au sein des enfants hratin est la pauvreté cruelle qui poussent leurs pères à louer leurs services comme soutiens dans leur vie.
Question : Les pouvoirs publics ont créé récemment l’agence Tadamoun de lute contre les séquelles de l’esclavage. Quelle évaluation faites-vous de cette institution et réussira-t-elle à votres avis à régler cette situation sociale complexe ?
BOW: Je peux donner des jugements préetablis sur la nouvelle agence qui vise l’éradication des séquelles de l’esclavage. Je voue une grande estime à Me Hamdi Ould Mahjoub, dirigée à sa tête dernièrement. Il est certain qu’il réalisera la mission dont il a été investie, puisqu’il détient les compétences nécessaires d’une part et qu’il est issu d’une génération jouissant des valeurs patriotiques et franches.
Le problème ne réside pas dans la personnalité qui dirigera cette agence, mais ce qui étonne c’est sa création sans programmation préalable dans le budget de l’Etat malgré les moyens matériels colossaux qu’elle requiert. Ce qui prouve le caractère improvisé de la prise des décisions qui est un véritable problème pour le pouvoir en place. L’agence Tadamoun a été par ailleurs chargée de la question des rapatriés, de l’insertion et de la lutte contre la pauvreté.
A mon avis, il était plus judicieux de laisser ces aspects du domaine de spécialisation du commissariat à la sécurité alimentaire, laquelle ne doit pas être vidée de son contenu et qui dispose également d’énormes moyens lui permettant de réaliser à bon escient ces objectifs. Je trouve aussi que la frange des hratin est une composante qui souffre de la pauvreté, de la misère et de l’ignorance. Pour ces raisons, elle a cruellement besoin d’une discrimination positive lui permettant de dépasser cette étape et de l’aider à regagner le train.
Pour cet effet, la nouvelle agence a besoin d’une dotation spéciale dans le budget de l’Etat, d’avoir des objectifs et des stratégies claires, de reposer ses actions sur les compétences en la matière et sur les parties intéressées par les maux dans lesquels se trouve prise en otage cette frange.
Question : La tenue des élections législatives et municipales a été régulièrement reportée. La polémique continue de plus belle sur leur organisation en septembre et octobre prochains. Comment résoudre cette problématique en considérant que seules les élections peuvent trancher l’imbroglio démocratique ?
BOW: Personnellement, en ma qualité de leader au sein du RFD sous la présidence du dirigeant Ahmed Ould Daddah, auquel je voue une grande confiance et avec lequel, je conviens que le parti demeurera démocratique, convaincu du dialogue comme voie et certain que les élections représentent le meilleur dispositif de l’action politique.
A partir de cette tribune médiatique respectée, j’aimerai dire qu’Ahmed Ould Daddah est une personnalité politique pacifique et fidèle à la patrie, ayant passé plus de deux décennies dans l’exercice de la politique à l’intérieur du pays. C’est lui qui avait participé dans l’encrage de la démocratie mauritanienne, qui avait œuvré à la libéralisation des médias et milité en faveur du multipartisme. Aucun orgueilleux ne pourrait nier ce rôle important joué par Ahmed Ould Daddah.
A propos de votre question, nous ne sommes pas opposés aux élections, mais nous n’avons malheureusement plus confiance dans l’actuel gouvernement, comme on ne peut lui confier la supervision de ces consultations. Pour cette raison, nous avons posé un ensemble de conditions connues par tous dont le but est d’organise des élections transparentes. Si elles sont satisfaites, nous ne nous attarderons à aucune échéance électorale quelle que soit-elle. Nous n’avons pas aujourd’hui un état-civil fiable et malgré nos réserves sur la Ceni- que nous respectons et apprécions-, nous n’avons pas été partie prenante dans sa mise en place et en conséquence, nous ne sommes pas concernés par ces décisions.
Question : Ne pensez-vous pas que la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) a échoué jusqu’à present à concrétiser le slogan du “Rahil” ou “Isghatt Nidham” (respectivement “Dégage” et “chute du pouvoir”) qu’elle brandit depuis plusieurs mois?
BOW: Je ne crois pas que la COD a échoué dans la réalisation de la revendication du Rahil, puisqu’elle est composée de partis politiques responsables et qu’elle jouit d’un combat de longue haleine et puis nous menons une lutte pacifique dépourvue de tout usage de la violence. Nous pensons ainsi que notre slogan a permis au peuple mauritanien de comprendre et de prendre conscience de la situation politique.
Par ailleurs, il ne s’agit que d’un label qui pourrait avoir des alternatives que nous ne sommes pas appelés à poser ou à déclarer. Le président de la République est le premier concerné par la recherche et l’appréciation de ces options.
Par exemple- et c’est là mon point de vue personnel-, si le président Ould Abdel Aziz dit que son mandat est arrivé à terme et qu’il veut organiser des élections présidentielles auxquelles il se constituera pas candidat, qu’il ne soutiendra aucun prétendant à ces échéances et que son objectif suprême est que la Mauritanie soit un Etat démocratique, qu’il nous donne l’occasion de mettre en place une Ceni réelle, qu’il ouvre des concertations et un dialogue sincères avec tous les protagonistes politiques ; cela représente à mon avis une alternative au slogan du Rahil et d’isghatt Nidham.
Question : Quelles impressions avez-vous sur les initiatives posées en vue de régler la crise politique et qu’elle est votre position au sein du RFD sur ces feuilles de route ?
BOW: Au sein du RFD, toutes les initiatives sont les bienvenues et j’ai contribué personnellement, en ma qualité de conseiller politique, dans toutes les rencontres des introducteurs de feuilles de route avec le président du parti Ahmed Ould Daddah. Nous pensons que la tenue d’élections dans des conditions transparentes se soldera incontestablement par notre victoire de la part du lion.
Nous nous étonnons également des critiques faites par certains élus de la majorité à notre endroit, alors que c’est grâce à nous qu’ils sont arrivés difficilement à cette place, puisque j’ai déployé des efforts considérables et des moyens énormes pour assurer leur réussite. Je peux citer leurs noms, mais je me contenterai de les mettre en garde contre les attaques du RFD et de ses symboles. Cela pourrait me contraindre à publier leurs noms ainsi que les choses tenues secrètes avant de quitter notre parti.
Pour ce qui est des initiatives, je pense qu’on ne refusera pas la feuille de route de Messaoud Ould Boulkheir, puisque nous vous à l’homme qui a partagé avec nous une lutte historique commune, beaucoup de respect ainsi que son dauphin. Ould Boulkheir est une personnalité nationale pesante. En conséquence, nous ouvrons totalement nos cœurs à sa feuille de route.
Mais c’est la majorité qui refuse cette initiative comme le prouvent clairement ses déclarations régulières relatives à ses objections aux clauses de cette proposition de sortie de crise. Quoi qu’il en soit, nous apprécions comme je l’ai indiqué auparavant les efforts de Messaoud Ould Boulkheir et il est certain que notre réponse à cette feuille de route sera appropriée.
Question : En votre qualité de diplomate chevronné, qu’elle évaluation faites-vous de la politique étrangère de la Mauritanie dans le contexte actuel ?
BOW: C’est une question pertinente, car la Mauritanie est un Etat caractérisé par l’immensité de son territoire face à population peu nombreuse, qui jouissant de rôles importants en sa qualité d’Etat islamique, arabe et africain. Ce qui lui a permis d’occuper une place prépondérante dans le monde et qu’elle pourra dans l’avenir jouer un rôle diplomatique gigantesque. Pour ce fait, notre diplomatie est un pilier fondamental de notre pays.
En tant que diplomate retraité- après avoir très bien accompli ma mission-, je pense que la Mauritanie a besoin aujourd’hui d’une politique étrangère dynamique, supervisée par des personnalités habilitées capable d’assurer une bonne représentation de la nation ainsi qu’à restituer à notre pays l’excellente image dont il jouissant au sein de la communauté mondiale. Au temps de notre ministre des affaires étrangères Hamdi Ould Mouknass « rahimehou Allah », il saluait les conseillers et les diplomates de loin et avec un protocole magistral.
Aujourd’hui, c’est totalement l’inverse, tout est pêle-mêle, sans cérémonial aucun, avec un ministre qui accepte celui-ci et celui-là. A cela, il faut noter que les Etats respectent l’Etat en fonction du niveau de responsabilité de ses représentants. De ce fait, la fonction d’Ambassadeur ne doit pas être attribuée qu’aux personnalités compétentes et expérimentées pour que cette représentation de la nation soit au niveau requis.
Question : Le président du RFD Ahmed Ould Daddah, accompagné d’une délégation de son parti a présenté physiquement ses condoléances à la famille Ehl Abdel Aziz suite au décès de leurs fils feu Ahmedou Ould Abdel Aziz « rahimehou Allah ». Ne pensez-vous pas que c’est un présage positif dans la décrispation de la crise politique et de rapprochement entre le RFD et le pouvoir en place ?
BOW: Il est connu que le RFD jouit de valeurs nobles de grande moralité constantes. Nous présentons nos condoléances à l’éploré, apportons notre soutien au spolié et au démuni. Par ailleurs, le président du parti Ahmed Ould Daddah n’a pas de problème personnel avec le président Mohamed Ould Abdel Aziz. Mais la balle est dans le camp du dernier qui peut faire des concessions pour préserver l’intérêt du pays, instaurer le consensus avec les protagonistes politiques ainsi que pour s’entendre avec tous les citoyens. Je ne peux que présenter ici, mes condoléances attristées à la famille d’Ehl Abdel Aziz dans cette dure épreuve « We Ina lillahi We Inna Ileyhi Rajioun ».
Question : Avez-vous un dernier mot ?
BOW: J’avais écrit un article par le passé, au temps où j’étais à l’exil intitulé «Pour une Mauritanie mauritanienne » dont l’objectif vise à faire comprendre aux citoyens que leur Etat est riche par ses potentialités économiques, sa diversité culturelle, éthique et raciale, qui forment un grand trésor pour cette terre, mais que ces ressources doivent être utilisées de manière rationnelle nous permettant de construire l’Etat fort et démocratique de la Mauritanie.
Je rappelle aussi que la Mauritanie est née péniblement, puisque beaucoup de voix se sont opposées à son entrée en tant qu’Etat au sein des Nations Unies. Comme nous devons pas perdre de vue les événements ethniques survenus en 1989 et leurs conséquences désastreuses sur le peuple mauritanien.
Les mauritaniens ne doivent pas oublier aussi l’affaire du Sahara Occidental dans le nord du pays qui est toujours posée et que les flammes se propagent au Mali à l’Est du pays. Enfin, je vous invite à prendre conscience du fait que la Mauritanie est fragile et qu’il est dangereux de s’occuper à des inadvertances jusqu’au trépas sans s’en rendre compte « la ghadara Allah » (qu’Allah nous en préserve). Je pense que quand nos élites réfléchissent sur ces questions, leurs divergences se dissiperont par patriotisme, puisqu’elles ont en partage un destin commun qui leur est difficile de ne pas s’entendre sur les aspects essentiels. Enfin, je vous remercie et « Salamou Aleykoum ».
atlanticmedia
Ould Werzeg a abordé également dans cet entretien le dossier de l’esclavage, les discrétions de création El Hor ainsi que ses principes de lutte, précisant que ce mouvement n’a jamais dissocié entre « Elbithane » et « lihratin », mais considère que ces derniers sont une partie indivisible des premiers, revendiquant la justice sociale et appelant à l’égalité entière entre tous les citoyens.
Ould Werzeg a abordé aussi l’agence Tadamoun de lutte contre les séquelles de l’esclavage, le conflit au Mali, ses répercussions dans la sous-région, appelant l’élite politique à l’unisson et à l’entraide pour relever les défis qui planent sur le pays. Ci-après l’intégralité de cette interview :
Question : Des nouvelles figures commencent à resurgir pour porter le flambeau de l’esclavage. En votre qualité d’un des fondateurs d’El Hor, ne trouvez-vous pas cela un dépassement de votre long combat ?
Bilal Ould Werzeg : Merci et bonne chance pour ce nouveau journal, qui, j’espère sera un pan fort dans le renforcement du secteur médiatique mauritanien. J’en suis convaincu du fait de l’existence d’un staff remarquable dans le nouveau tabloïd qui veillera à cette fin. A propos de la question de ‘lihratins », je suis l’un des fondateur du mouvement en 1974 dont la création a été précédée une année auparavant par la satisfaction du gouvernement d’El Marhoum Me Moctar Ould Daddah de plusieurs doléances des kadihines à l’instar de la création de la monnaie nationale, la nationalisation de Miferma et l’arabisation de l’administration.
Mais, quand on avait constaté à l’époque l’inertie de la question de l’esclavage, moi et certains de mes collègues avons décidé de créer un mouvement soulevant de manière pertinente la question de l’esclavage, sans verser dans les actions racistes et isolées de la société mauritanienne avec comme unique objectif la concrétisation de la justice sociale entre toutes les composantes d’un seul et même peuple.
Bien que le mouvement El Hor est né le 5 mars 1974, il n’est apparu sur la scène politique qu’en 1978, puisque nous avons passé plusieurs années à la quête compétences au sein des cadres hratins, en vue de créer un bureau pour cette organisation. Je me souviens avoir choisi et intégrer plusieurs cadres hratins dans le mouvement, qui étaient par la suite parmi les plus réputés de ses leaders.
Quand le premier bureau a été installé, nous n’avons jamais rencontré des obstacles à notre parcours de la part du Président feu Moctar Ould Daddah, puisqu’il avait une volonté sincère de mettre fin au dossier de l’esclavage en Mauritanie avec la promulgation de décrets multiples allant dans ce sens.
Moctar « rahimehou Allah » récitait le Coran et s’opposait donc aux appels à la pérennisation des pratiques esclavagistes et rejetait totalement toutes les fausses interprétations de notre Sainte Religion.
C’est pour cette raison que la première confrontation entre le gouvernement mauritanien et le mouvement El Hor a eu lieu après le coup d’Etat du 10 juillet 1978 sur Moctar, quand le président Moustapha Ould Mohamed Saleck « rahimehou Allah » a abrogé les décrets et que le gouvernement a décidé de renommer les wilayas du pays, faisant croire certains au retour du pays au pré-carré après le renversement du pouvoir de Ould Daddah, lequel était progressiste.
C’est dans ce contexte nouveau que certains ont commencé à reprendre leurs « abid » (esclaves), convaincus que l’actuel régime encourage cela. Mais en novembre 1978, le conseil militaire au pouvoir à l’époque, a promulgué le premier discours sur l’esclavage à travers une déclaration faite par Jiddou Ould Saleck « rahimehou Allah », dans lequel il précisé que « le comité militaire est contre l’esclavage ». C’est ainsi que le mouvement El Hor a commencé à s’élargir et émerger avec un profil manifeste et présent sur la scène politique.
L’accession au pouvoir du président Mohamed Khouna Ould Haidalla a consacré l’arrestation d’activistes dont des militants des mouvements El Hor, bathistes et naceriste. J’étais à l’époque à Abidjan, capitale de la Cote d’Ivoire dans le cadre de ma mission diplomatique. Plusieurs rumeurs avaient été lancées pour nuire au mouvement, d’où l’obligation qui m’incombait pour démentir ces chahuts, dés lors où je suis le cerveau de la charte nt El Hor et que je connais le mouvement plus que quiconque.
J’ai commencé immédiatement à présenter le mouvement ainsi que ses nobles objectifs, rappelant qu’il vise à créer une justice sociale au sein de la communauté bidhane formée de hassan, zouaye, hratin, em-almin (forgerons) et aznaga. Un discours qui n’a pas plu à l’époque au ministère des affaires étrangères et de la coopération d’où ma décision de démissionner, de voyager en France puis à Dakar. Au cours de cette période, j’ai participé à l’action politique avec des pionniers du mouvement AMD tels que Mohamed Abderrahmane Ould Moine, Ismail Ould Maouloud, Moustapha Ould Abeiderrahmane…
Je suis demeuré ainsi à Dakar, jusqu’à cette déclaration courage prise par Ould Haidalla le 5 juillet 1980 portant sur l’abolition de l’esclavage. J’ai organisé le 7 juillet 1980 une conférence de presse à Dakar pour saluer cette décision et pour annoncer mon intention de rentrer au pays à condition que la mesure soit accompagnée de réformes foncières. Je suis rentrée effectiement à Nouakchott à la fin de l’année 1980- bien que certains pensaient que le président Ould Haidalla allait m’exécuter à l’aéroport. J’ai été accueilli par un public hratin nombreux ainsi que par Deddahi Ould Abdallahi de la sureté nationale.
J’ai fait environ trois mois dans les murs de l’instruction, mais finalement le gouvernement a pris conscience de mon combat et réhabilité dans ma fonction au ministère des affaires étrangères. Ceci dit, force est de reconnaitre que beaucoup de ceux qui parlent aujourd’hui de la question des lihratin ne savent pas comment s’exprimer sur le dossier. Nous au sein du mouvement El Hor n’avons jamais dissocié entre elbidhanes et lihratin, mais considérons que ces derniers sont une partie indivisible des premiers, revendiquant la justice sociale et appelant à l’égalité entière entre tous les citoyens. Nous refusons également les interprétations erronées de la Religion.
L’Islam n’a point légitimé l’esclavage, mais au contraire, il est venu pour libérer les abid et l’humanité entière. La communauté de lihratin est parfaitement consciente de la sira nebeoui (vie du Prophète PSL), puisqu’ils se sont distingués par El Medh du Meilleur habitant de la Terre et récitent sa vie. Pour ma part, j’encourage tout individu ou mouvement, quelque soit-elle, brandissant les revendications de la justice sociale, mais, après l’éradication dans notre pays du concept de l’asservissement des personnes, il est de notre devoir aujourd’hui en tant qu’élite issue de lihratin d’œuvrer aux côtés des autres élites de la société à éradiquer l’ignorance chez la frange des anciens esclaves, ainsi qu’à la mettre dans des conditions économiques propices leur garantissant une vie digne.
C’est cela qui résume les besoins de cette frange. Mais rester constamment otage du cycle de la crise, avec la répétition du même discours, la dénonciation de l’existence de cas d’esclavage ici et là, cela ne servira ni à avancer ni à reculer, ne sera d’aucune utilité pour lihratin, mais pourra au contraire, contribuer à priver certains d’un travail qui leur permettait d’assurer leur pain quotidien ainsi que celui de leur famille sans alternative.
Par ailleurs, chercher la célébrité en chevauchant le cavalier de l’esclavage n’est pas un but principal, puisque la priorité pour cette frange est de créer une infrastructure pédagogique et éducative ainsi que des projets de développement ciblant cette frange qui vit sous les feux de la pauvreté, de l’ignorance et du retard.
J’ai été profondément ému par les cantines communautaires ouvertes par l’ancien commissaire aux droits de l’homme dans de nombreux villages « adwaba » sis dans l’espace rassemblant les villages de Burat. La cause de l’ignorance au sein des enfants hratin est la pauvreté cruelle qui poussent leurs pères à louer leurs services comme soutiens dans leur vie.
Question : Les pouvoirs publics ont créé récemment l’agence Tadamoun de lute contre les séquelles de l’esclavage. Quelle évaluation faites-vous de cette institution et réussira-t-elle à votres avis à régler cette situation sociale complexe ?
BOW: Je peux donner des jugements préetablis sur la nouvelle agence qui vise l’éradication des séquelles de l’esclavage. Je voue une grande estime à Me Hamdi Ould Mahjoub, dirigée à sa tête dernièrement. Il est certain qu’il réalisera la mission dont il a été investie, puisqu’il détient les compétences nécessaires d’une part et qu’il est issu d’une génération jouissant des valeurs patriotiques et franches.
Le problème ne réside pas dans la personnalité qui dirigera cette agence, mais ce qui étonne c’est sa création sans programmation préalable dans le budget de l’Etat malgré les moyens matériels colossaux qu’elle requiert. Ce qui prouve le caractère improvisé de la prise des décisions qui est un véritable problème pour le pouvoir en place. L’agence Tadamoun a été par ailleurs chargée de la question des rapatriés, de l’insertion et de la lutte contre la pauvreté.
A mon avis, il était plus judicieux de laisser ces aspects du domaine de spécialisation du commissariat à la sécurité alimentaire, laquelle ne doit pas être vidée de son contenu et qui dispose également d’énormes moyens lui permettant de réaliser à bon escient ces objectifs. Je trouve aussi que la frange des hratin est une composante qui souffre de la pauvreté, de la misère et de l’ignorance. Pour ces raisons, elle a cruellement besoin d’une discrimination positive lui permettant de dépasser cette étape et de l’aider à regagner le train.
Pour cet effet, la nouvelle agence a besoin d’une dotation spéciale dans le budget de l’Etat, d’avoir des objectifs et des stratégies claires, de reposer ses actions sur les compétences en la matière et sur les parties intéressées par les maux dans lesquels se trouve prise en otage cette frange.
Question : La tenue des élections législatives et municipales a été régulièrement reportée. La polémique continue de plus belle sur leur organisation en septembre et octobre prochains. Comment résoudre cette problématique en considérant que seules les élections peuvent trancher l’imbroglio démocratique ?
BOW: Personnellement, en ma qualité de leader au sein du RFD sous la présidence du dirigeant Ahmed Ould Daddah, auquel je voue une grande confiance et avec lequel, je conviens que le parti demeurera démocratique, convaincu du dialogue comme voie et certain que les élections représentent le meilleur dispositif de l’action politique.
A partir de cette tribune médiatique respectée, j’aimerai dire qu’Ahmed Ould Daddah est une personnalité politique pacifique et fidèle à la patrie, ayant passé plus de deux décennies dans l’exercice de la politique à l’intérieur du pays. C’est lui qui avait participé dans l’encrage de la démocratie mauritanienne, qui avait œuvré à la libéralisation des médias et milité en faveur du multipartisme. Aucun orgueilleux ne pourrait nier ce rôle important joué par Ahmed Ould Daddah.
A propos de votre question, nous ne sommes pas opposés aux élections, mais nous n’avons malheureusement plus confiance dans l’actuel gouvernement, comme on ne peut lui confier la supervision de ces consultations. Pour cette raison, nous avons posé un ensemble de conditions connues par tous dont le but est d’organise des élections transparentes. Si elles sont satisfaites, nous ne nous attarderons à aucune échéance électorale quelle que soit-elle. Nous n’avons pas aujourd’hui un état-civil fiable et malgré nos réserves sur la Ceni- que nous respectons et apprécions-, nous n’avons pas été partie prenante dans sa mise en place et en conséquence, nous ne sommes pas concernés par ces décisions.
Question : Ne pensez-vous pas que la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) a échoué jusqu’à present à concrétiser le slogan du “Rahil” ou “Isghatt Nidham” (respectivement “Dégage” et “chute du pouvoir”) qu’elle brandit depuis plusieurs mois?
BOW: Je ne crois pas que la COD a échoué dans la réalisation de la revendication du Rahil, puisqu’elle est composée de partis politiques responsables et qu’elle jouit d’un combat de longue haleine et puis nous menons une lutte pacifique dépourvue de tout usage de la violence. Nous pensons ainsi que notre slogan a permis au peuple mauritanien de comprendre et de prendre conscience de la situation politique.
Par ailleurs, il ne s’agit que d’un label qui pourrait avoir des alternatives que nous ne sommes pas appelés à poser ou à déclarer. Le président de la République est le premier concerné par la recherche et l’appréciation de ces options.
Par exemple- et c’est là mon point de vue personnel-, si le président Ould Abdel Aziz dit que son mandat est arrivé à terme et qu’il veut organiser des élections présidentielles auxquelles il se constituera pas candidat, qu’il ne soutiendra aucun prétendant à ces échéances et que son objectif suprême est que la Mauritanie soit un Etat démocratique, qu’il nous donne l’occasion de mettre en place une Ceni réelle, qu’il ouvre des concertations et un dialogue sincères avec tous les protagonistes politiques ; cela représente à mon avis une alternative au slogan du Rahil et d’isghatt Nidham.
Question : Quelles impressions avez-vous sur les initiatives posées en vue de régler la crise politique et qu’elle est votre position au sein du RFD sur ces feuilles de route ?
BOW: Au sein du RFD, toutes les initiatives sont les bienvenues et j’ai contribué personnellement, en ma qualité de conseiller politique, dans toutes les rencontres des introducteurs de feuilles de route avec le président du parti Ahmed Ould Daddah. Nous pensons que la tenue d’élections dans des conditions transparentes se soldera incontestablement par notre victoire de la part du lion.
Nous nous étonnons également des critiques faites par certains élus de la majorité à notre endroit, alors que c’est grâce à nous qu’ils sont arrivés difficilement à cette place, puisque j’ai déployé des efforts considérables et des moyens énormes pour assurer leur réussite. Je peux citer leurs noms, mais je me contenterai de les mettre en garde contre les attaques du RFD et de ses symboles. Cela pourrait me contraindre à publier leurs noms ainsi que les choses tenues secrètes avant de quitter notre parti.
Pour ce qui est des initiatives, je pense qu’on ne refusera pas la feuille de route de Messaoud Ould Boulkheir, puisque nous vous à l’homme qui a partagé avec nous une lutte historique commune, beaucoup de respect ainsi que son dauphin. Ould Boulkheir est une personnalité nationale pesante. En conséquence, nous ouvrons totalement nos cœurs à sa feuille de route.
Mais c’est la majorité qui refuse cette initiative comme le prouvent clairement ses déclarations régulières relatives à ses objections aux clauses de cette proposition de sortie de crise. Quoi qu’il en soit, nous apprécions comme je l’ai indiqué auparavant les efforts de Messaoud Ould Boulkheir et il est certain que notre réponse à cette feuille de route sera appropriée.
Question : En votre qualité de diplomate chevronné, qu’elle évaluation faites-vous de la politique étrangère de la Mauritanie dans le contexte actuel ?
BOW: C’est une question pertinente, car la Mauritanie est un Etat caractérisé par l’immensité de son territoire face à population peu nombreuse, qui jouissant de rôles importants en sa qualité d’Etat islamique, arabe et africain. Ce qui lui a permis d’occuper une place prépondérante dans le monde et qu’elle pourra dans l’avenir jouer un rôle diplomatique gigantesque. Pour ce fait, notre diplomatie est un pilier fondamental de notre pays.
En tant que diplomate retraité- après avoir très bien accompli ma mission-, je pense que la Mauritanie a besoin aujourd’hui d’une politique étrangère dynamique, supervisée par des personnalités habilitées capable d’assurer une bonne représentation de la nation ainsi qu’à restituer à notre pays l’excellente image dont il jouissant au sein de la communauté mondiale. Au temps de notre ministre des affaires étrangères Hamdi Ould Mouknass « rahimehou Allah », il saluait les conseillers et les diplomates de loin et avec un protocole magistral.
Aujourd’hui, c’est totalement l’inverse, tout est pêle-mêle, sans cérémonial aucun, avec un ministre qui accepte celui-ci et celui-là. A cela, il faut noter que les Etats respectent l’Etat en fonction du niveau de responsabilité de ses représentants. De ce fait, la fonction d’Ambassadeur ne doit pas être attribuée qu’aux personnalités compétentes et expérimentées pour que cette représentation de la nation soit au niveau requis.
Question : Le président du RFD Ahmed Ould Daddah, accompagné d’une délégation de son parti a présenté physiquement ses condoléances à la famille Ehl Abdel Aziz suite au décès de leurs fils feu Ahmedou Ould Abdel Aziz « rahimehou Allah ». Ne pensez-vous pas que c’est un présage positif dans la décrispation de la crise politique et de rapprochement entre le RFD et le pouvoir en place ?
BOW: Il est connu que le RFD jouit de valeurs nobles de grande moralité constantes. Nous présentons nos condoléances à l’éploré, apportons notre soutien au spolié et au démuni. Par ailleurs, le président du parti Ahmed Ould Daddah n’a pas de problème personnel avec le président Mohamed Ould Abdel Aziz. Mais la balle est dans le camp du dernier qui peut faire des concessions pour préserver l’intérêt du pays, instaurer le consensus avec les protagonistes politiques ainsi que pour s’entendre avec tous les citoyens. Je ne peux que présenter ici, mes condoléances attristées à la famille d’Ehl Abdel Aziz dans cette dure épreuve « We Ina lillahi We Inna Ileyhi Rajioun ».
Question : Avez-vous un dernier mot ?
BOW: J’avais écrit un article par le passé, au temps où j’étais à l’exil intitulé «Pour une Mauritanie mauritanienne » dont l’objectif vise à faire comprendre aux citoyens que leur Etat est riche par ses potentialités économiques, sa diversité culturelle, éthique et raciale, qui forment un grand trésor pour cette terre, mais que ces ressources doivent être utilisées de manière rationnelle nous permettant de construire l’Etat fort et démocratique de la Mauritanie.
Je rappelle aussi que la Mauritanie est née péniblement, puisque beaucoup de voix se sont opposées à son entrée en tant qu’Etat au sein des Nations Unies. Comme nous devons pas perdre de vue les événements ethniques survenus en 1989 et leurs conséquences désastreuses sur le peuple mauritanien.
Les mauritaniens ne doivent pas oublier aussi l’affaire du Sahara Occidental dans le nord du pays qui est toujours posée et que les flammes se propagent au Mali à l’Est du pays. Enfin, je vous invite à prendre conscience du fait que la Mauritanie est fragile et qu’il est dangereux de s’occuper à des inadvertances jusqu’au trépas sans s’en rendre compte « la ghadara Allah » (qu’Allah nous en préserve). Je pense que quand nos élites réfléchissent sur ces questions, leurs divergences se dissiperont par patriotisme, puisqu’elles ont en partage un destin commun qui leur est difficile de ne pas s’entendre sur les aspects essentiels. Enfin, je vous remercie et « Salamou Aleykoum ».
atlanticmedia
Source : Le Véridique (Mauritanie)
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