vendredi 1 juin 2012

« L’absence de Ould Ghailani au débat des avocats prouve qu’il est dans un Oued et que l’opposition est dans un autre » dit Ould Haiba



Le journaliste et réputé expert militaire Mohamed Salem Ould Haiba estime que la Mauritanie vit une crise sans précédent de son histoire politique, en raison de l’absence du sentiment patriotique, de l’oubli de nos valeurs et de nos bonnes moralités prônant la concorde et la tolérance, accusant l’opposition et la majorité d’assumer la responsabilité des suites catastrophiques de cette situation de crispation sur le pays.
« La majorité est subdivisée et l’opposition éparpillée, avec la responsabilité assumée par ces deux forces de ne pas tenir compte de l’intérêt général du pays qui interpelle à l’ouverture aux autres et au dépassement des points de divergences » a-t-il dit.
Ould Haiba a dénoncé les démarches faites par certaines parties de l’opposition portant à changer le système au pouvoir en occupant la rue sous l’ombre d’un Etat jouissant pleinement de la démocratie véritable, dans lequel les libertés ont atteint les limites du désordre généralisé, indiquant que la majorité déploie d’intenses efforts pour polir la jeunesse ainsi que pour leurrer l’opinion nationale que le président de la république Ould Abdel Aziz est soutenue par cette frange.
« Ould Abdel Aziz a remporté les élections présidentielles de juillet 2009 avec plus de 52% des suffrages universels de tous les mauritaniens et non des enfants et je suis catégorique que le public qui soutient le président Aziz a considérablement augmenté ces derniers temps » a- t-il ajouté, appelant les jeunes à se consacrer aux études, à éviter leur manipulation et leur implication dans les conflits politiques dont les fruits seront récoltés par d’autres ; comme cela est arrivé ailleurs, en Tunisie, en Egypte et dans tous les pays envahis par le printemps arabe, n’ayant pas impliqué les jeunes ni dans leurs gouvernements ni dans les candidatures à leurs élections bien que les jeunes étaient le carburant des révolutions déclenchées dans ces pays.
Ould Haiba a souligné également que des acquis politiques n’ayant pu être réalisés par des dirigeants en deux décennies de règne ne peuvent être matérialisés par un groupe d’enfants qu’il soit du « flambeau » (Mich All) ou de « Oui Aziz », indiquant qu’il ne s’oppose pas aux jeunes mais plutôt contre ceux qui tentent de les berner pour s’en servir dans la concrétisation d’intérêts étroits.
Pour ce qui est de la réunion tribale à laquelle avait convié récemment l’ex chef d’Etat Ely Ould Mohamed Vall, Ould Haiba a dit : « j’ai été surpris par ce conclave politico-tribal dans le 21e siècle dans la villa d’un ancien président du gabarit d’Ely Ould Mohamed Vall, auquel je voue beaucoup de respect et de considération.
La participation d’Ely Ould Mohamed Vall à cette réunion est considérée comme étant la seconde faute du genre de cet homme dans son parcours politique après sa candidature aux élections de 2009, quand il a annoncé tardivement qu’il brigue pour la magistrature suprême après l’engagement et le départ de la majorité de ses soutiens vers d’autres candidats ».
A propos du cyclone qui a entouré le limogeage du président de la cour suprême Seyid Ould Ghailani, Ould Haiba s’est dit étonné de la précipitation de l’opposition dans le soutien de ould Ghailani, alors qu’elle est restée indifférente devant la disgrâce d’anciens présidents de la cour suprême démis de leurs fonctions de la même manière que Seyid, précisant que l’absence de Ould Ghailani de la conférence de presse ou du meeting organisés récemment par l’Ordre national des avocats en guise de solidarité à son éviction sont une preuve irréfutable que Ould Ghailani est dans un Oued et l’opposition dans un autre et que l’ex président de la cour suprême ne tient pas à l’option de l’escalade contre Ould Abdel Aziz.
Ould Haiba a appelé à la fin de sa déclaration l’opposition et la majorité à donner la primauté à l’intérêt général de la nation, à privilégier le dialogue et la paix pour éviter au pays cette dangereuse impasse vécue actuellement par le pays, soulignant que tous sont issus d’une même lignée et que les choses ne doivent pas atteindre entre eux le seuil du blocage total.
Il a appelé également le pouvoir à s’ouvrir à ses adversaires politiques et à adopter la voie du dialogue constructif au lieu des options de la répression et de l’enfermement, demandant Ould Abdel Aziz d’impliquer dans la gestion du pays les cadres expérimentés et compétents de l’opposition, de les nommer à toutes les fonctions sauf aux postes politiques pour que le pays tire profit de leur savoir et de leur connaissance « puisqu’ils sont en définitif les fils de ce pays qui a cruellement besoin des bras de tous ses citoyens pour se relever et aller de l’avant » a-t-il conclu.

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