dimanche 5 février 2012

Pas de dialogue avec l'opposition, sauf si ...


Pas de dialogue avec l'opposition, sauf si ...
Comme vous le savez, en Mauritanie, à proprement parler, il n'y a pas de secteur privé, génie créateur de richesses. Le secteur privé n'existe que grâce au secteur public: l'État.

Tous dépendent de l'État. L'État est presque l'unique créateur d'emplois. L'unique pourvoyeur de marchés. Par son effet multiplicateur, il est aussi l'unique source du pouvoir d'achat. Et, enfin, c'est lui, et encore lui, l'unique source d'enrichissement. Les quelques familles bourgeoises mauritaniennes, sont là pour en témoigner, puisqu'elles sont le fruit même de cette triste réalité.

L'opposition politique dans ce pays n'échappe pas ce constat. Au contraire, elle fait partie intégrante de ses variables, car elle est composée essentiellement des éléments de cette bourgeoisie créée de toute pièces par l'État.

Du temps du Président déchu, Mouaouya Ould Taya, en dehors de 2 ou 3 noms, cette opposition, toute tendance confondue, a été domestiquée par son régime. Avec le coup d'État du mois d'août 2005, cette opposition s'est tout de suite empressée de se métamorphoser en hétéroclites de tendances soi-disant "réformistes""démocratiques""islamistes","progressistes" et je ne sais quel autre nom.. Le tout, dans le but, évident, de continuer à conserver ses avantages, privilèges et en espérant en acquérir d'autres.

Voilà! Cette opposition souffre en fait de cette tare originelle. Celle d'être une bourgeoisie semée, cultivée et entretenue par l'État. Sans les avantages de l'État, elle est appauvrie, diminuée, marginalisée et, par conséquent, désorientée. Au stade où nous sommes aujourd'hui, son grognement commencent à prendre le virage dangereux de l'incitation à la violence, à la subversion et même à la création d'un État parallèle, par le bais d'un "Conseil National de Transition" (Cridem: Ba Mamadou Alassan COD, 19-01-12 et Biram IRA, 28-01-12).

On n'est donc plus à ergoter sur le dialogue avec l'opposition, laquelle je qualifierais d'anarchique, prendre mèche avec les éléments satellites de celle-ci, créer un consensus ou inclure ou exclure certains. Non! On n'est plus à ce stade. Donc, revenons à l'essentiel. Revenons à la vérité, toute crue, connue de tous. Posons les bonnes questions: Monsieur le Président,

1) Avez-vous des postes ministériels à donner à cette opposition?

2) Avez-vous de l'argent à donner à cette opposition?

3) Avez-vous des avantages quelconques à octroyer pour en faire bénéficier spécifiquement les sympathisants de cette opposition?

La question est là. Partage du pouvoir. Point à la ligne. Il n'y a pas de principes en jeu, pas de vision pour l'avenir du pays. Rien! Alors, soit vous donnez quelque chose à ces gens, et là, vous achèterez la paix politique, ou je dirais faire cesser ce parasitage, et là on vous qualifierai même du Président du siècle, entrepreneur, bâtisseur, tous ce que vous voulez ... Où alors, vous accepterez l'échec du dialogue. Car, à leurs yeux, il est tout simplement stérile, du fait qu'il n'est pas payant.

En effet, la classe politique mauritanienne, à sa tête l'opposition COD et ses acolytes, est inféodée à vouloir à tout prix tirer avantage du pouvoir et ne connait pas le dialogue au sens propre du terme. Elle n'en veut pas du dialogue. Elle n'y croit pas au dialogue (Cridem: Ba Mamadou Alassane COD, 1-02-12).

Et, tant et aussi longtemps que le dialogue n'est pas quantifié en "nature" ou en "espèce", il n'est dans les esprits de ces "acteurs" qu'une hérésie politique. Alors, Monsieur le Président, permettez-moi tout petit conseil, fatiguez-vous pas. Passez au prochain appel.


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