La Cour criminelle de Nouakchott a entendu, lundi dernier, les trois principaux accusés dans le dossier du sida enMauritanie. Il s’agit respectivement du Dr.Abdallahi Ould Horma, ex-Secrétaire exécutif du Programme national de lutte contre le sida (PNLCS), son adjointe, Madame Salimata Sow ainsi que le DAF de la boîte, Monsieur Dia Amadou. Le comptable, Mohamed Ould Khattry, en fuite, était le seul accusé jugé par contumace.
L’affaire remonte déjà à 2008 à la suite d’un contrôle commun diligenté par une mission de l’ONUSIDA (bailleurs du projet) et une inspection du ministère des Finances qui avait conclu au détournement de plus de 4 millions de dollars américains.
Cette assez flagrante mauvaise gestion avait conduit à la suspension de notre pays des interventions de l’ONUSIDA en faveur des malades du sida. L’organe international en charge de la lutte contre la pandémie à travers le monde exigeait tout simplement la restitution des montants qui avaient disparus des comptes de l’organisme et la poursuite devant la justice des fonctionnaires responsables du forfait.
L’Etat qui avait pris alors sur lui l’engagement de restituer les montants détournés avait longtemps trainé les pieds aussi bien dans le remboursement que dans l’engagement de poursuites judiciaires contre les fautifs, se contentant tout simplement d’affecter le Dr. Horma, probablement pour l’épargner, vu les liens familiaux intimes qui le lient au ministre de la santé de l’époque, Dr. Cheikh Ould Horma, et au Premier ministre. Coïncidence ou non, le premier est son propre frère et le second, son beau-frère.
Sur une insistante pression du bailleur de fonds, la Mauritanie fut obligée, entre autres, d’interpeller les responsables gestionnaires impliqués dans ce crime à dimensions multiples (pour la Mauritanie en tant que pays, pour les malades du sida qui bénéficiaient de soins gratuits subitement coupés.
Les quatre responsables attraits à la barre sont donc accusés de malversations et de détournement sur un montant avoisinant les 4 millions de dollars US. Les deux premiers responsables, le Dr. Horma et Madame Sall, détenus pendant deux ans, l’un à Dar Naim et la seconde à la Prison des femmes de la Sebkha avaient remboursé une partie du magot et bénéficié d’une liberté provisoire.
Monsieur Dia qui se trouvait au Sénégal au moment de la découverte des faits est revenu de son propre gré et a été directement envoyé à Dar Naim. Sommé de rembourser une enveloppe d’environ 4 millions d’UM, il se dit innocent et rejette catégoriquement l’option de rembourser moyennant une liberté provisoire. Sans même attendre un verdict judiciaire, les autorités locales de Boghé, sa ville d’origine, saisissent les biens mobiliers et immobiliers de sa famille (au sens large du terme) avant d’en restituer une partie.
Le comptable Ould Khattry, lui, prend la poudre d’escampette et un mandat d’arrêt international sera émis à son encontre. Il semble connu de tous qu’il séjournerait régulièrement dans un pays voisin à partir duquel il joint les régulièrement les membres de sa famille, elle-même liée par cousinage à celle du Docteur Horma !
La grande surprise pour les observateurs est néanmoins le réquisitoire du Procureur aux assises de lundi. Le représentant de l’autorité publique s’acharnera spécialement sur MadameSow et Monsieur Dia, les deux subordonnés du Dr. Horma en requérant une peine de dix ans de détention pour chacun d’entre eux. Alors que pour le Docteur lui-même et son cousin de comptable, le Procureur ne demandera qu’une peine de trois ans d’emprisonnement.
Ce réquisitoire n’est certainement pas dicté le principe de la responsabilité pénale qui devait guider le magistrat du parquet. Sinon, comment expliquer la disparité des peines requises entre deux responsables directs de gestion et deux subordonnés qui ne font qu’exécuter (peut-être mal ou en complices) des ordres du chef, premier responsable de la gestion ?
Si la cour suit le réquisitoire très peu inspiré du parquet, bonjour les dégâts pour ce qui reste de l’image de marque de notre justice !
MOMS.
L’affaire remonte déjà à 2008 à la suite d’un contrôle commun diligenté par une mission de l’ONUSIDA (bailleurs du projet) et une inspection du ministère des Finances qui avait conclu au détournement de plus de 4 millions de dollars américains.
Cette assez flagrante mauvaise gestion avait conduit à la suspension de notre pays des interventions de l’ONUSIDA en faveur des malades du sida. L’organe international en charge de la lutte contre la pandémie à travers le monde exigeait tout simplement la restitution des montants qui avaient disparus des comptes de l’organisme et la poursuite devant la justice des fonctionnaires responsables du forfait.
L’Etat qui avait pris alors sur lui l’engagement de restituer les montants détournés avait longtemps trainé les pieds aussi bien dans le remboursement que dans l’engagement de poursuites judiciaires contre les fautifs, se contentant tout simplement d’affecter le Dr. Horma, probablement pour l’épargner, vu les liens familiaux intimes qui le lient au ministre de la santé de l’époque, Dr. Cheikh Ould Horma, et au Premier ministre. Coïncidence ou non, le premier est son propre frère et le second, son beau-frère.
Sur une insistante pression du bailleur de fonds, la Mauritanie fut obligée, entre autres, d’interpeller les responsables gestionnaires impliqués dans ce crime à dimensions multiples (pour la Mauritanie en tant que pays, pour les malades du sida qui bénéficiaient de soins gratuits subitement coupés.
Les quatre responsables attraits à la barre sont donc accusés de malversations et de détournement sur un montant avoisinant les 4 millions de dollars US. Les deux premiers responsables, le Dr. Horma et Madame Sall, détenus pendant deux ans, l’un à Dar Naim et la seconde à la Prison des femmes de la Sebkha avaient remboursé une partie du magot et bénéficié d’une liberté provisoire.
Monsieur Dia qui se trouvait au Sénégal au moment de la découverte des faits est revenu de son propre gré et a été directement envoyé à Dar Naim. Sommé de rembourser une enveloppe d’environ 4 millions d’UM, il se dit innocent et rejette catégoriquement l’option de rembourser moyennant une liberté provisoire. Sans même attendre un verdict judiciaire, les autorités locales de Boghé, sa ville d’origine, saisissent les biens mobiliers et immobiliers de sa famille (au sens large du terme) avant d’en restituer une partie.
Le comptable Ould Khattry, lui, prend la poudre d’escampette et un mandat d’arrêt international sera émis à son encontre. Il semble connu de tous qu’il séjournerait régulièrement dans un pays voisin à partir duquel il joint les régulièrement les membres de sa famille, elle-même liée par cousinage à celle du Docteur Horma !
La grande surprise pour les observateurs est néanmoins le réquisitoire du Procureur aux assises de lundi. Le représentant de l’autorité publique s’acharnera spécialement sur MadameSow et Monsieur Dia, les deux subordonnés du Dr. Horma en requérant une peine de dix ans de détention pour chacun d’entre eux. Alors que pour le Docteur lui-même et son cousin de comptable, le Procureur ne demandera qu’une peine de trois ans d’emprisonnement.
Ce réquisitoire n’est certainement pas dicté le principe de la responsabilité pénale qui devait guider le magistrat du parquet. Sinon, comment expliquer la disparité des peines requises entre deux responsables directs de gestion et deux subordonnés qui ne font qu’exécuter (peut-être mal ou en complices) des ordres du chef, premier responsable de la gestion ?
Si la cour suit le réquisitoire très peu inspiré du parquet, bonjour les dégâts pour ce qui reste de l’image de marque de notre justice !
MOMS.

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