Ils sont quelques uns, parmi les ex hauts responsables de l’Etat mauritanien à demeurer encore longtemps derrière les verrous, sans que leurs procès soient ouverts, suscitant des élans de compassion et de solidarité intérieurs, notamment de la part d’acteurs politiques ou d’Ong de la société civile.
L’ancien commissaire aux droits de l’homme,Mohamed Lemine Ould Dadde est incontestablement, le prisonnier le plus convoité parmi les autres détenus, puisque son incarcération interminable commence à irriter, particulièrement Paris et l’Ong Sos-esclave.
Si la France a demandé récemment un procès équitable pour l’ex cerveau du mouvement vivant à l’exil « Conscience et Résistance », Boubacar Ould Messaoud a plutôt réclamé sa libération immédiate. Reste à savoir si devant ses appels, le régime prendra du recul sur un affaire judiciaire parmi d’autres très controversée.
Il n y a pas longtemps, l’ex commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations à la société civile fêtait dans la solitude carcérale sa première année de détention, s’interrogeant surtout dans ses monologues, quel sort incertain l’attendra encore demain, face à un appareil judiciaire qui ne semble pas pressé de trancher au clair ce présumé dossier judiciaire de détournement de fonds publics, signalés sur la base d’un rapport de l’inspection générale d’Etat.L’ancien commissaire aux droits de l’homme,Mohamed Lemine Ould Dadde est incontestablement, le prisonnier le plus convoité parmi les autres détenus, puisque son incarcération interminable commence à irriter, particulièrement Paris et l’Ong Sos-esclave.
Si la France a demandé récemment un procès équitable pour l’ex cerveau du mouvement vivant à l’exil « Conscience et Résistance », Boubacar Ould Messaoud a plutôt réclamé sa libération immédiate. Reste à savoir si devant ses appels, le régime prendra du recul sur un affaire judiciaire parmi d’autres très controversée.
Bien qu’il s’est défendu à plusieurs reprises contre les chefs d’accusation prononcés contre lui (détournements et dilapidation d’un montant de 271 millions d’ouguiyas soit environ (750.000 euros pendant l’exercice de ses fonctions de septembre 2008 à août 2010)-, qui seraient plutôt l’œuvre du mauvais entourage, dont il s’est imprudemment entouré pendant sa direction du commissariat, qui l’aurait trempé inconsciemment dans les malversations financières des réseaux fournisseurs frauduleux de l’administration, Ould Dadde s’est vu récemment rejeté la demande de liberté provisoire par la Cour d’appel de Nouakchott, alors que son placement en détention provisoire de six mois, renouvelé une fois, a pris fin le 27 septembre dernier. Une pétition en ligne a été lancée récemment par des Mauritaniens qui considèrent que les poursuites engagées contre l’ancien commissaire aux droits de l’Homme sont politiques
Paris réclame un procès juste
Début octobre, malgré ses manifestes bons termes avec Nouakchott, Paris ne cachait plus ses inquiétudes sur le sort de l’ex commissaire, estimant à travers le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, qu’il doit bénéficier de toutes les garanties d’un procès juste et équitable, soulignant qu’elle suivait attentivement cette affaire, ajoutant même que l’ ambassade à Nouakchott est en contact régulier avec sa famille, en particulier avec son épouse Céline Brard, une citoyenne française, réclamant le droit de visite au père de ses enfants.
Sos-esclaves exige une libération immédiate
Moins d’une semaine après l’appel de Paris, Sos-esclave emboîte le pas à la France, exigeant, comme le comité de soutien et les proches de Ould Dadde qu’il soit mis fin à la détention arbitraire de l’ex commissaire et qu’il soit immédiatement mis en liberté.
Le président de cette Ong, qui rappelle le rôle de son association « de sentinelle vigilante pour la défense des droits de l’homme, de tous les hommes », soulignant avoir été alerté par la famille et la défense de Ould Dadde, précisant par ailleurs avoir pris connaissance des avis des juristes avertis et soucieux de la règle du droit qui confirment que le détenu doit être impérativement libéré s’il n’est pas poursuivi pour une autre cause, a dénoncé avec force cette incarcération.
Boubacar Ould Messaoud a par ailleurs interpellé les plus hautes autorités pour qu’elles interviennent pour mettre fin à cette détention arbitraire, lançant un appel pressant à toutes les organisations des droits de l’homme pour qu’il soit mis fin à toutes les formes de détention arbitraire en Mauritanie.
Ould Dadde, un militant anti-esclavagiste
Selon notre confrère français «La Croix », Ould Dadde est victime de son combat contre l’esclavage, rappelant l’engagement de l’ex commissaire en faveur des droits de l’homme et sa lutte contre l’esclavage, notamment au cours du règne de Ould Taya. « Il a défendu les Haratines, la communauté noire du pays, longtemps réduite à l’esclavage par la communauté maure.
Lui-même est maure, issu d’une grande famille, et il avait hérité d’un esclave qu’il avait affranchi » indique Marie Verdier dans «La Croix », évoquant l’angoisse du beau père deOuld Dadde, Michel Brard selon lequel « la volonté de démocratie du pouvoir du généralAziz s’est rapidement émoussée et le gouvernement glisse progressivement vers une quasi-dictature ».
Les autres détenus ne méritent-ils pas le même élan ?
Ould Dadde n’est pas le seul responsable mauritanien victime de la détention arbitraire dontAmnesty International a révélé l’existence de plusieurs autres cas dans son dernier rapport, évoquant de nombreuses violations et arrestations. Ahmed Ould Khattry, ex directeur desProcapec, ne mérite-t-il pas le même élan de solidarité que l’ex commissaire, où le fait qu’il ne soit pas marié à une française, ne lui confère pas un tel soutien ?
Du moins, et dans le cadre d’un traitement sur le mieux d’égalité de citoyens mauritaniens, l’OngSos-esclaves aurait dû revendiquer aussi les mêmes faveurs de libération immédiate ou de procès à tous les détenus victimes d’une détention arbitraire.
Quoiqu’il en soit, même si pour Ould Dadde, on ne sait pas comment l’Etat va se comporter avec ces pressions françaises et locales, le dossier de Ould Khattry pourrait être déposé la semaine prochaine devant la cour criminelle du tribunal de Nouakchott.
Selon des sources généralement bien informées, l'Etat veut en finir une bonne fois avec ce dossier. Raison pour laquelle la justice a décidé de nouveau de relancer le procès. Ce qui ne manquera sans doute de donner au dossier de l’ex commissaire plus de dynamisme pour être déposé lui aussi devant les mêmes instances, en prélude d’une libération qui pourrait être de type collectif pour des affaires très semblables.
Md Ould Md Lemine

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