mardi 27 janvier 2015

La Loupe du "Rénovateur" : Un Salafiste vaut-il un bataillon ?


26-01-2015 20:16 -

La Loupe du Le Rénovateur Quotidien - L’incident qui a éclaté la semaine dernière à la prison centrale de Nouakchott entre les détenus Salafistes et les gardes pénitentiaires en faction, pose encore des interrogations sur la gravité des faits mais aussi sur les failles sécuritaires sur toute la ligne qui ont tourné à l’avantage des mutins.

Que des détenus trouvent le temps de s’organiser et de tenir en otage des éléments de la garde chargés de la surveillance stricte des lieux, est la preuve que dans cet endroit carcéral d’autres opérations plus grandes envergures pourraient bien avoir lieu.

Il faudrait même s’attendre un jour à une cavale générale de tous les prisonniers résidants dans cet « hôtel 10 étoiles ». Un véritable camouflet pour les gardiens de prison, un désaveu du système judiciaire et une absence de suivi de la part du Ministère de tutelle. Tous sont coupables de ce qui est arrivé. Cela devait donc arriver sans surprise !

Quand on sait les nombreuses failles sécuritaires qui subsistent dans nos prisons et du manque de compétence des agents affectés dans ces endroits sans formation solide et même sans physique nécessaire pour accomplir leurs missions , il n’est pas surprenant dès lors de voir des détenus aux membres bien dégourdis défier aisément des hommes de sécurité qui ont l’esprit bien ailleurs.

Cet incident est d’autant plus humiliant pour tout l’appareil pénitentiaire ne saurait en aucun cas pouvoir se justifier de la sorte sachant qu’il s’agit de prisonniers dangereux rompus à toutes sortes de techniques d’attaques avec ou sans armes. La preuve est que ces individus disposant de telles capacités de nuisance même à l’intérieur de leurs cellules sont en mesure d’affronter tout un bataillon armé.

A quoi sert après tout ce qui s’est passé de s’accuser mutuellement en refusant plutôt d’assumer cette lourde responsabilité. En se payant le luxe d’affronter et de maitriser des gardes comme des pauvres moineaux, en obligeant l’Etat à libérer les siens ayant purgé leurs peines, les Salafistes ont ainsi administré une gifle cinglante à l’autorité publique et aux forces de sécurité tout en rappelant du coup à l’opinion et aux citoyens que si la sécurité n’existe pas aux portes mêmes d’une priso , en toute évidence, elle ne s’exercera pas ailleurs. Les mauritaniens n’ont plus besoin de méditer cette triste réalité.

Un tel incident remet en cause de fond en comble l’appareil de l’administration judiciaire dont l’incurie a atteint son paroxysme dans le traitement des procédures les plus élémentaires. Le fait de maintenir en détention des prisonniers ayant purgé leurs peines est en soi un délit dont les responsables judiciaires doivent répondre. Que des gardes affectés pour assurer la sécurité dans les prisons oublient qu’ils sont armés et sans être en mesure de renforcer la vigilance est un déshonneur pour un militaire.

Que toute la chaine sécuritaire de la prison rassemble toutes sortes d’arguments ne saurait laver d’un tel affront. L’erreur est gravissime pour épargner les mauvais élèves d’une sanction. Et sans tarder et le couperet doit tomber. Car c’est le prix à payer pour ce grand tacle Salafiste…

CTD



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