samedi 2 juin 2012

Aziz contre l’Hydre de Lerne.


Le Président Aziz est indéniablement un homme clivant à plus d’un égard. Et ce, vu la nature de l’évolution qui, durant la dernière décennie, fut la sienne dans les rouages du pouvoir mauritanien comme militaire politisé puis ensuite à la tète de l’État en tant que civil toujours en bon terme avec les militaires.

Et pour cause, l’homme est réputé d’une franchise brutale dans les propos et parfois, dit-on, dans les actions.Il est frontal, et peu enclin ni à la complaisance ni à la compromission voire même, disent ses détracteurs, à la diplomatie. Certes, sa vision de l’État est bien imprégnée par l’instruction qui lui est propre : l’éducation militaire (peut-on lui reprocher cela?)

Autant dire qu’elle est globale et sans appel. Ce qui, parfois, peut se faire ressentir comme une immiscion dans les espaces habituellement réservés de la démocratie républicaine comme, par exemple, la justice ou la société civile.

Seulement tout cela n’est pas de nature de décrédibiliser un chef d’État démocratiquement élu. Car le jugement sur l’aptitude d’un homme politique de ce rang dépend uniquement de sa capacité à redresser l’État mauritanien, à défendre ses intérêts et, surtout, à affronter, bec et ongle, la cinquième colonne politique, économique et sociale qui s’y sévit depuis l’indépendance. Mieux affronter les hordes de cette colonne est tellement plus important et plus difficile à la fois qu’il implique de facto les deux autres.

Sur ce front-là personne ne peut nier que l’action du Président Aziz est, du moins jusqu’à présent, audacieuse et efficace pour ne pas dire carrément révolutionnaire. L’hémorragie interne qui, depuis plus de trois décennies, fait saigner les finances publiques s’est, en effet, presque estompée. Ainsi les administrateurs mauritaniens découvrent, stupéfaits, que flouer l’État est punissable, chose à la quelle, ils ne se sont pas habitués sous les autres régimes.

De même l’État revit et entreprend des projets d’intérêt général. Ce qui, en partie, explique le réveil des syndicats représentants les fonctionnaires contractuels, non permanents ou journaliers aspirant à plus de justice sociale et plus de reconnaissance de la part de leur employeur premier : le gouvernement. Ils avaient, les premiers, décelés que le nouveau centre de gravité dans le pays est, de nouveau, le pouvoir public.

Car, contrairement à dans le passé, l’argent remplit les caisses de l’État et non celles de certains particuliers affairistes dont la loyauté est promise seulement au plus offrant au détriment, souvent, d’une population affamée et réduite à quémander contre applaudissements des muettes d’un bien public lui revenant pourtant de plein droit.

Alors bien évidemment, ceux qui, toute leur vie durant, se sont habitués aux passe-droits, à l’argent facile et aux fonctions déméritées se sont mobilisés en Hydre de Lerne décidée à en découdre avec toute volonté de redressement de l’État. Cette Hydre-dont le sept têtes sont : la tribu, la région, le parti politique, la finance, le journalisme, l’ethnie et la classe- doit-être, coûte que coûte , défaite. Il en va de l’avenir de la Mauritanie. 

Et c’est justement dans cette optique-ci que, motivées uniquement par l’intérêt suprême de laMauritanie, les forces vives, progressistes et démocratiques renouvellent, ici, leur appui total et inconditionnel à l’action actuelle du Président Aziz l’exhortant à plus de persévérance et de régularité sur cette voie-ci qui, incontestablement, commence à donner des résultats tangibles quant au respect de l’État et de ses attributs.

De même, elles mettent, aussi, en garde cette Hydre maléfique contre toute tentative de quelque nature soit-elle qui a pour finalité d’outrepasser la volonté populaire qui, durant la dernière élection présidentielle, a mandaté le président Aziz pour cinq ans. Elles rappellent, enfin, à celle-ci qu’au-delà de la légitimité démocratique et surtout avec le chao qui en découlera, le peuple s’en souviendra certainement que ses châteaux, ses cheptels et ses millions lui reviennent de tout droit et de toute logique.

Cide



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