mardi 27 janvier 2015

Du dernier remaniement ministériel : Crise bancaire et mauvaise gestion des Finances publiques


mardi 27 janvier 2015

Dans tous les pays du monde, un remaniement ministériel, suscite toujours analyses et commentaires, parfois même avant sa diffusion. La Mauritanie ne fait pas exception à la règle.
Le remaniement du vendredi 16 janvier dernier de la première équipe du Premier ministre Yahya Ould Hademine, découle semble t-il de deux mobiles principaux : la faillite de la politique bancaire et l’inefficacité du contrôle des finances publique. La faillite de Maurisbanque, créée il ya tout juste une année, et qui a englouti, selon les chiffres avancés par la presse, quelques 20 milliards d’ouguiyas. Avec ce capital, énorme pour la Mauritanie, on pouvait faire baisser le taux de pauvreté extrême de 42 à 32%. A contrario, la dilapidation de ce capital, va engendrer la montée du taux de la pauvreté à plus de 60%. L’escroquerie n’est cependant pas la seule tare de notre système bancaire qui n’a jamais échappé, depuis la création de l’ouguiya en 1973, aux scandales de toutes sortes. L’autre raison de l’inadéquation de notre système bancaire est d’ordre structurel. Il s’agit de notre politique du crédit, fondé essentiellement sur une garantie unique, à savoir la garantie foncière (titre foncier) qui enferme le système bancaire dans un cercle vicieux, crédit-bâtiment, etc. Cette situation est peut être la principale cause de l’appauvrissement de notre pays, malgré ses énorme richesses naturelles et minières. Beaucoup d’observateurs avisés ne finissent pas de s’étonner de voir la Mauritanie figurer dans les PPTE (Pays pauvres très endettés) !
De notre point de vue, cette euphorie de l’immobilier, résultat incontrôlable de la politique de crédit, est la cause principale de la pauvreté en Mauritanie. Le bâtiment emploie le plus souvent une main d’œuvre étrangère et utilise des matériaux totalement importés de l’étranger. Conséquence, fuite de capitaux importants et dilapidation continue des ressources en devises de la BCM. La continuité d’une telle politique de crédit est en train de donner à la capitale, Nouakchott, une excroissance qui l’amènera dans peu d’années à raccorder avec la ville nouvelle de Chami.
Le second mobile du remaniement concerne les Finances publiques, secteur miné par l’amateurisme, l’inefficacité des contrôles et la corruption. Nul besoin de souligner l’évidente corrélation qui existe entre le détournement et la corruption. Une question, pourtant simple, explique le grand laisser-aller qui gangrène les Finances publiques, l’un des piliers de l’Etat. Comment se fait-il que des montants, de l’ordre de plusieurs milliards d’ouguiyas, restent détenus pendent des mois dans les trésoreries régionales ?
Dans un autre ordre d’idées, et toujours à propos du dernier remaniement ministériel, le Premier Ministre et le Président de la République se doivent de se rappeler qu’il existe en Mauritanie, une culture de détection de la guigne, détenue jalousement, depuis des siècles, par les Bohoummoud du Hodh (Amourj). Ils reconnaissent les guignards par la morphologie de leur crâne, la forme de leur bouche, de leurs oreilles, leur démarche, le timbre de leur voix, etc. Un ministre, comme tout un chacun, peut donc avoir de la guigne. Si ce Ministre-là reste dans le gouvernement, il risque d’être la catastrophe qui freinera l’efficacité et la rentabilité de cette seconde équipe gouvernementale du premier ministre Yahya Ould Hademine
Cheikh Sidi Mohamed dit Wellali Ould Bouna (Analyse-politique, écrivain)
Tel : 22 01 59 87

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